Le devenir à long terme
des enfants et des adolescents
victimes d'abus sexuel
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En 2007, à Montpellier, l'association des psychiatres
régionale m'a invité à faire une
conférence sur les conséquences à long
terme de l'abus sexuel. Vous pouvez en trouver une
retransmission audio sur le lien
www.jeanyveshayez.net/tele-mp3/2007-au-0001.mp3 Par
la suite ce texte a été
peaufiné et publié en 2009 par la revue
française Perspectives psychiatriques
( 2009,
48-2, 166-175 )
§ I. Introduction
Existe-t-il des effets à long terme des abus sexuels commis
pendant l'enfance ou
l'adolescence (
2)
des victimes ? Si oui, quels sont-ils ?
Nécessairement de la
psychopathologie, ou aussi des réorganisations du
fonctionnement de la personnalité
plus « neutres », voire positifs ? Et
peut-on faire des prédictions à ce propos ?
Toutes questions aussi pertinentes que complexes !
I. D'abord, le concept d'abus sexuel est un fourre-tout
( Green A, 1993 ) Il regroupe
des événements sexuels qui, vus de l'extérieur,
constituent bien des agressions
d'une victime, mais dont la gravité est variable, du moins
statistiquement parlant. Il
existe tout un monde entre les « épines
sexuelles », fréquentes, n'amenant chez la
majorité que des égratignures morales, et les abus
les plus sordides et les plus destructeurs.
II. Les faits d'abus prennent place dans des contextes relationnels
très variés. La
personnalité de base de l'enfant qui les subit est variable,
elle aussi : parfois même,
elle l'a poussé à se déplacer spontanément
sous l'oeil du cyclone, ou aux mains de
quelqu'un que lui ne ressentait pas comme un abuseur.
Le patrimoine génétique de cet enfant est très
variable, lui aussi, et le prédispose par
la suite, conjointement à d'autres facteurs, à des
réactions très différentes dans le
champ de l'angoisse, de la dépressivité, de
'agressivité, etc. ... L'on sait aujourd'hui
que, face à un même abus et en référence
aux gènes, il peut se produire des
modifications cérébrales durables qui constitueront
elles aussi des facteurs opérants
de tout ce qui va suivre.
Enfin, la réaction sociale qui suit l'éventuelle
découverte des faits est également des
plus variables ... :
La réaction sociale ? En Iran, en 2008, on a encore pendu
des mineurs pour seul fait d'homosexualité
Ce sont tous ces éléments qui, finalement, vont
provoquer les éventuelles
modifications de la personnalité qui nous occupent ici. Donc,
pas de causalité
linéaire simple. Nous y reviendrons dans le second paragraphe.
III. Entre ce que l'on peut appeler d'une part la sexualité
désirée par l'enfant ( ou
consentie, agie par lui en sa qualité d'agent
responsable ), et d'autre part la
sexualité contrainte ( ou subie ), il existe un monde
de l'entre-deux : l'enfant veut et
ne veut pas à la fois.
Evidemment, si celui qui sollicite l'enfant est un
adulte (
3)
, on reste
toujours dans le
champ de l'abus, même lorsque l'enfant en veut aussi : le
solliciteur garde toute la
responsabilité de sa demande, qu'il sait hors normes. Mais
il s'agit de mineurs entre
eux, on ne devrait pas réduire ipso facto ce qui se passe
sous l'étiquette « abus ».
Ce qui ne veut pas dire non plus que ces situations
« mixtes » ne peuvent pas laisser
de trace à long terme chez celles et ceux qui y sont
impliqués.
IV. Enfin, chaque évolution humaine conserve une part
d'imprévisible : ce n'est pas à
des réactions chimiques entre ingrédients bien connus
que nous avons à faire ! On
peut donc décrire des facteurs de gravité ou de
protection qui ont bien des chances
d'alourdir ou d'alléger l'impact d'un même fait sexuel,
mais il faut se souvenir avec
prudence que l'on ne parle que de probabilités. Nos
prédictions ne sont jamais à
coup sûr, et c'est très bien ainsi : peut-être
certaines variables avaient-elles échappé
à nos analyses ; peut-être des hasards, des
événements de vie heureux ou
malheureux ont-ils influencé le cours des remaniements
psychologiques ultérieurs. Et
puis, il reste cette ultime réalité bien opérante
qu'est notre liberté intérieure.
les choix imprévisibles de notre liberté ...
Même si
son essence reste quelque peu mystérieuse, elle est bien
là, vivante et mouvante au
fil du temps. Elle faisait écrire au poète Louis
Aragon « Rien n'est jamais acquis à
l'homme, ni sa force, ni sa faiblesse, ni son
cœur ... ». En référence à
cette ultime
implication de sa liberté de penser, de choisir et de faire
des projets, l'ex-victime a un
pouvoir certain et limité d'autocréation.
Jusqu'à un certain point, elle peut modifier la
représentation mentale qu'elle se fait de ce qui lui est
arrivé. Elle peut relativiser,
dramatiser, travailler sous son angoisse ou sa
colère ... Ni complètement déterminés
par ce qui nous est arrivé, ni complètement
déterminés par nos vibrations
génétiques, notre histoire de vie ou notre
environnement social, ni complètement
libres de créer une pensée totalement autonome,
ainsi sommes-nous ...
§ II. Facteurs de gravité ou de protection
I. Considérations générales
A. Beaucoup d'abus s'inscrivent logiquement dans des
prédispositions somatiques et
dans un « système relationnel » dont des
composantes intrinsèques étaient
occupées depuis bien avant à déstructurer la
personnalité de l'enfant ; l'abus et son
contexte immédiat, ici, ne constituent que des coups de boutoir
supplémentaires qui vont dans le même sens.
Par exemple, un enfant vit dans un contexte d'indifférence
et d'absence de
protection. Un de ses parents est particulièrement
violent, à de nombreuses
occasions ; un beau jour, pour exercer sa puissance, il franchit la
frontière de
l'abus, y prend goût et persévère. Mais le
contexte avait déjà forgé chez l'enfant
une personnalité triste et soumise. Il va donc se laisser
faire passivement, puis,
même si l'abus s'arrête, en vivre les conséquences
de façon particulièrement
vulnérable. Sa désorganisation est donc l'effet de
l'ensemble, en ce inclus de
possibles désorganisations cérébrales
ultérieures, et pas seulement de l'acte-abus.
Vulnérabilité de la solitude ...
B. D'autres abus sont de malheureux hasards totalement
inattendus : enfants pris
par surprise par des pédophiles ; enfants cibles d'un
dérapage imprévisible d'un
adulte proche Mais même alors, le système relationnel
existant, le soma et la
constitution du moment de la personnalité de l'enfant ont
toute leur importance :
certains sont forts, et vivent dans des familles qui
prédisposent à l'optimisme et à la
communication. Pour d'autres, c'est l'inverse ...
C. C'est donc fondamentalement à ces ensembles dynamiques,
qui incluent l'abus
mais ne s'y réduisent pas, qu'il faut attribuer la
responsabilité de tout ce qui s'en
suivra. Pour nous simplifier la vie, je vais néanmoins
évoquer un à un les facteurs de
plus grande gravité, c'est à dire le pôle le
plus défavorable d'un gradient. Je laisse au
lecteur le soin de la transposition en miroir de ce que pourraient
être les facteurs de protection ( Hayez, 2004 )
II. Enumération de facteurs de gravité
A. La nature des actes commis et leurs qualifications les plus
immédiates

- Effractions dans le corps, surtout si elles sont brutales, non
prévues ou non
connues par l'enfant ( l'inverse, ici, n'est pas vrai : de
simples attouchements, de
simples conversations obscènes peuvent déjà,
s'avérer bien délétères )

- Douleur corporelle ressentie ; complications somatiques, souvent
gérées en secret
( infections, blessures, avortements, ...)

- Contexte « partouzeur » ( auteurs multiples,
etc. ...)

- Exigences perverses tout à fait inconnues de
l'enfant ( le lier ; uriner sur lui, etc. ...)

- Répétition des actes ; irrégularité et
imprévisibilité du moment de leur retour

- Récidives inattendues ( par exemple, lors d'un placement
en institution )

- Absence de contrôle de la victime sur les actes ( ici,
ce n'est pas l'enfant qui décide d'aller
« dire bonjour » le mercredi
après-midi à « son copain »)
B. Personnalité et statut de l'auteur

- Le plus déstructurant, c'est qu'il soit un
parent ( ou un grand parent ) de sang, donc
censé être un protecteur naturel. Viennent ensuite
d'autres membres « de sang » de
la famille ( une grande sœur presque adulte ; un
oncle, ...)
Viennent ensuite tous les « grands », sur qui
l'enfant se sent d'autant moins de
capacité de résistance qu'il est plus jeune ou que
leur statut leur donne une autorité
morale sur lui ( un beau-père ; un professionnel de
l'enfance ; tous les adultes ...
mais déjà, pour l'enfant de cinq ans, l'adolescent
de quatorze, quinze ans )
L'Eglise Catholique demande enfin pardon pour tous ces prêtres
pédophiles : sentiment sincère ou opportunisme face
à l'inévitable ?

- Un comportement brutal, effrayant, sadique ; les dimensions
angoissantes ou culpabilisantes introduites pour que l'enfant garde
le secret sur les faits ( Beitchman et coll., 1992 )

- L'absence d'amour, de tendresse ( même immature )
dans les actes commis et
dans la « relation » menée avec l'enfant.

- Des mensonges actifs à propos de ce qui se passe, qui
dissimulent un égoïsme
jouisseur plus qu'une vraie disposition à
l'affection (« C'est normal que les pères
initient leur fille ; c'est une superbe façon de
nous aimer ») : l'enfant est vaguement
dupe quelque temps et, en vieillissant, il constate qu'on l'a
trompé et qu'il n'était
qu'un objet, et il ne pardonne pas.

- Une volonté de posséder et de
téléguider toute la vie de l'enfant
(« Pense comme
moi ; demain, mets tels vêtements et
sous-vêtements ( sous-entendu : parce que tu
es ma chose ...»))

- Dans un ordre d'idée différent, de grands
hédonistes, souvent pervers, ont un réel
art de l'initiation érotique « en douce » et
peuvent « allumer » définitivement un
enfant ou un adolescent, qu'ils prennent vraiment comme partenaires
de leurs investissements et découvertes érotiques ou/et
comme un terreau vierge à initier au plaisir.
C. Inconsistance ou défection de l'entourage non abuseur
Ce facteur est bien connu et je n'en dirai pas grand chose. Le plus
grave, c'est évidemment quand l'enfant constate que les paroles
qu'il lance pour parler de l'abus ne sont pas reçues. C'est
quand il se sent seul, abandonné de tous ( ses
frères savent, mais ne font rien pour lui ) Ou encore,
quand il a l'impression, vraie ou fausse, d'être sacrifié
en tout ou en partie dans l'aventure, pour le confort
psychologique de son entourage (
4)
D. Facteurs propres à l'enfant

- Le patrimoine génétique est à même
de créer de la vulnérabilité psychique et de
fortes blessures morales au moment même de l'abus et par
après. Inversement, il
peut induire aussi une prédisposition à la
résilience ... ou à l'hédonisme.

- Au delà des apparences, la préadolescence et le
début de l'adolescence
constituent des moments très défavorables pour vivre
l'abus ; celui-ci peut semer un
certain nombre d'inquiétudes ou de confusions autour de la
valeur de soi et de
l'identité sexuée. (« Pourquoi est-ce à
moi qu'il s'en est pris ? Qu'a-t-il repéré de
différent chez moi ? J'ai eu du plaisir : suis-je
normal ? J'ai ( un peu ... beaucoup )
envie de le revoir, suis-je normal ?) Inversement en cas
d'abus soft, le très jeune
âge peut être un facteur de protection, sauf si le petit
enfant remarque que la
révélation et ce qui s'en suit bouleversent
son entourage.

- Certains facteurs affectifs individuels défavorables sont
assez évidents : une
propension à l'anxiété, à la mauvaise
image de soi, à la culpabilité
( Coffey P, 1996 )
Une passivité habituelle, qui contribuera à ce que
l'enfant se soumette longuement.
Une carence affective, qui lui fera mendier de l'amour en offrant son
corps. Une
tendance à l'hédonisme, qui le poussera vers des
expériences sexuelles en faisant feu de tout bois ...
Ces prédispositions affectives sont liées à
l'expression phénotypique du génome,
comme signalé plus haut, ou constituent des pures
réalités « spirituelles ». Cet article
ne tranche évidemment pas la question très complexe
des rapports entre le corps et l'esprit.

- Pour certains enfants, c'est encore plus compliqué. En
décrivant le monde de
l'entre-deux, j'ai évoqué l'ambivalence : les
enfants ambivalents ne sont pas clairs :
ils subissent et en redemandent à la fois, sans
jamais être vraiment ni contents ni
mécontents d'eux-mêmes. Cette incertitude
douloureuse sur la valeur de ce qu'ils ont
fait et donc de ce qu'ils sont, peut les poursuivre très
longuement ...
E. Les facteurs chronologiquement secondaires : traumatisation
ou renforcement positifs
1. La réalité et l'impact de la traumatisation
secondaire sont bien connus des
professionnels : l'ensemble des facteurs qu'elle est susceptible
d'inclure peut être
plus désorganisateurs que l'abus lui-même. En
résumé, ici, l'enfant se sent ignoré,
non protégé et parfois même condamné par
les attitudes de la communauté à propos
des abus qu'il a subi. Découverte douloureuse, inattendue,
injuste qui le persuadent
plus ou moins définitivement qu'il ne vaut rien ou qu'il
n'y a rien à attendre des
autres. C'est d'autant plus cruel que, assez souvent, c'est lui
qui avait fini par
demander de l'aide, sur base des promesses sociales entendues. Je
n'en dirai pas plus sur cette traumatisation, dont les composantes
possibles sont très variées.

- Institutions d'aide psychosociale bureaucratiques, clivées,
où il faut tout le temps
recommencer à tout expliquer et où c'est
toujours « le suivant » qui va bien t'aider.

- Justice pénale très lente, qui n'assure pas de
protection immédiate et qui absout
assez souvent l'abuseur.

- Entourage familial qui prend le parti de l'abuseur.
Dans le film Festen (T. Vinterberg, 1998), le fils aîné,
qui a accusé son père d'abus sexuels, se fait d'abord
jeter dehors par toute la famille ...

- Fiancé qui condamne et/ou s'enfuit lorsque telle jeune
fille se hasarde enfin à lui raconter ce qu'elle a subi.

- Etc. ...
2. Et les renforcements positifs ? Je veux parler ici des
renforcements positifs d'une
sexualité sans retenue qui s'est installée chez des
enfants bien « allumés » par les
initiatives perverses de leur abuseur. Ces renforcements existent
occasionnellement : ici, ces enfants ne trouvent pas dans
la suite de leur vie de bons
modèles ou de bons contacts sociaux qui restituent à
leur sexualité des dimensions
certes toujours agréables, mais davantage sociables,
modérées et liés à la vie affective.
§ III. Réorganisations et atteintes ultérieures de la personnalité

- J'en distingue cinq catégories, qu'il faut
considérer comme les pointes d'une
pyramide tétraédrique. Ce ne sont que des pôles,
décrits comme tels pour simplifier
la réflexion. En réalités, les
personnalités se situent bien plus souvent sur les
côtés,
la surface ou le volume intérieur de la pyramide.

- Sur l'échelle du temps, un certain nombre de ces
remaniements sont transitoires ;
d'autres sont plus constants, stables ou avec une certaine
aggravation ou un certain
allègement lent et progressif, spontané ou
lié à de nouvelles circonstances de la vie.
Quelques-uns n'apparaissent même que de façon
différée.

- Enfin, l'intensité de l'atteinte est variable, un peu
comme les variations sismiques
sur l'échelle de Richter : à
l'extrémité la plus favorable, moments de légers
malaises ( ou d'excitation sexuelle anormale )
occasionnels. A l'autre, invalidation de la vie ( ou
hypersexualité compulsive ), voire suicide.
I. Au sommet de la pyramide : maintien de
l'intégrité ou de la cicatrisation
Bien que nous ne disposions pas d'études
épidémiologiques fiables, mon expérience
clinique, mes lectures, ma fréquentation de forums Internet
ciblés sur l'abus, tout cela
me fait penser que ce premier pôle constitue l'issue la plus
fréquente de l'abus. C'est
surtout le cas lorsque les critères décrits au
paragraphe précédent ne sont pas très
lourds, ou lorsque le système relationnel où vit
l'ex-victime est de qualité. C'est
encore le cas s'il n'y a pas eu traumatisation secondaire.
Il faut se souvenir enfin qu'un abus
isolé (
5)
, même
entouré de nombre de critères de
gravité, n'imprègne souvent le psychisme que
transitoirement.
A. Surtout dans ces contextes, nombre d'enfants et d'adolescents ne
subissent aucune altération significative de leur
personnalité. Ils peuvent intégrer quasi-
immédiatement ce qui leur est arrivé comme un
accident, un incident, un événement
regrettable, bizarre ou amusant, mais qui n'altérera pas
ce qu'ils vont devenir.
B. Après un abus soft et érogène, certains
voient leur appétit sexuel transitoirement
exacerbé quelques semaines, deux, trois mois ...
Les actes sexuels sans retenue qu'ils posent alors sont soit
secrets, soit « à ciel
ouvert », d'autant plus qu'ils sont jeunes. Il leur
arrive même d'avoir vis-à-vis de leur
partenaire une insistance déplacée,
jusqu'à être eux-mêmes abusifs. Mais ici, leur
environnement naturel est de qualité ; en outre un heureux
hasard fait en sorte qu'ils
ne reçoivent pas de renforcements naturels ... et tout
rentre assez vite « dans l'ordre ».
C. D'autres sont déjà davantage
psycho-traumatisés : leur personnalité se situe
plus bas dans la pyramide, en direction des pôles deux, trois
et quatre que je décrirai tout
de suite. Il existe une cicatrisation plus imparfaite. Ca peut
se réveiller de faire mal de
temps en temps, apparemment sans raison ou lors de moments
évocateurs.
Et au delà cette seule douleur morale occasionnelle, c'est
chez ces personnes
également que l'on rencontre inconstamment une des deux
expressions plus
préoccupantes de vulnérabilité que voici :
1. La probabilité que ces personnes recourent
elles-mêmes à l'abus est plus élevée
que chez les adultes tout venants. Sans qu'il s'agisse vraiment
des décharges
brutales post-traumatiques que je décrirai au pôle 2,
on assiste chez quelques-uns
au type de processus que voici : tel adulte ex-victime reste
porteur de quelques
souvenirs pénibles, chargés d'angoisse, voire
de mauvaise image de soi. Lors d'une
mauvaise passe de sa vie ( par exemple, une mésentente
conjugale ), le voici
confronté quotidiennement à sa fille de douze ans,
jolie, en début d'adolescence. Les
« traces » pénibles en lui se
réveillent confusément. Sa fille le met sous tension
pénible et l'excite érotiquement. Il peut passer
à l'acte, tant pour soulager sa tension
que pour chercher de l'affection, et satisfaire sa sexualité.
Souvent c'est temporaire
et il regrette bien vite. Mais pas toujours : si
l'expérience est très plaisante et que la
fille se montre soumise ou ayant l'air d'apprécier, il peut
s'y fixer et en devenir dépendant.
2. Eventualité plus fréquente : des
phénomènes de projection ou de semi projection.
Telle femme a été abusée significativement
par un oncle, entre ses neuf et treize
ans. Elle en a cicatrisé imparfaitement la trace. Son
mariage est un échec, entre
autres parce qu'elle n'a pas beaucoup d'envie ni de plaisir sexuel,
ce qui frustre
passablement son mari. De leur union naît quand même
une petite fille. Puis le
couple va de plus en plus mal et se sépare. Les visites de
l'enfant chez le père se
mettent en place péniblement. Bien vite, sur base d'une
rougeur vulvaire à un retour
de visite, la mère est folle d'inquiétude
quant à de possibles attouchements de la part
du père. Toute émotionnée, elle interroge
maladroitement la fillette ... et vous devinez la suite.
II. Second pôle : Les angoisses post-traumatiques et leur destin
Ici, l'abus et la relation avec l'abuseur correspondent aux
critères du traumatisme
psychique au sens technico-nosographique du terme :
événement brutal, effrayant,
déclenchant une sensation immédiate de
très grande menace pour la vie et un vécu
d'impuissance ( Beitchman and coll, 1992 ) Cette source
externe d'effroi devient
alors tout de suite un traumatisme psychique qui fait effraction
dans le monde
intérieur de l'enfant. Pour que ce traumatisme psychique
continue à « clignoter », à
produire ses effets de façon durable, il faut souvent que
les événements externes se
répètent suffisamment avec les mêmes
caractéristiques effrayantes. Un viol isolé
dans un endroit désert, par exemple, produit le plus
souvent un fort traumatisme
psychique, mais transitoire : après quelques mois, un an,
ce sera la cicatrisation.
On constate aussi fréquemment que les traumatismes externes
à l'œuvre consistent
non seulement en abus, mais en une ambiance de vie très
violente où mille images
s'abattent sur ou autour de l'enfant : alors, le vécu
anxieux qui s'en suit peut être intense et interminable.
des mois après un abus sexuel répété et
effrayant ce garçon de onze ans fantasme encore sur l'agression
et la mutilation de son corps ... dans le coin supérieur
droit de son dessin, il introduit même ma tête,
inquiétante ( ik ben dr aîer = je suis le dr hayez,
en néerlandais )
B. Aussi longtemps que le traumatisme psychique est opérant,
le maître symptôme,
c'est l'angoisse. Mais pis encore, lorsque l'abus continue et que
l'enfant est terrorisé
pour en garder le secret, il ne peut même pas montrer
clairement qu'il est anxieux.
Son angoisse s'exprime alors par des signes très
indirects ( troubles somatiques,
troubles sphinctériens, troubles du sommeil, grande
distractibilité à l'école )
Après cessation des faits, son angoisse peut exploser
et s'exprimer plus librement et
les signes ne manquent pas : troubles de l'endormissement,
cauchemars, dépendance à un parent jusqu'au collage,
refus de se montrer nu, crises de panique
inexpliquées, etc. ...
Au fil du temps, les angoisses les plus crues et les plus
irrationnelles se résorbent
mais il s'installe de tenaces conduites d'évitement
( Brière J.N., Elliot D.M., 1994 )
Evitement par anticipation de toute exposition à ce type de
danger : par exemple, la
personne a peur des garçons, puis des hommes et ne veut
plus les fréquenter ; elle
est solitaire ou célibataire ; elle a peur des
relations sexuelles et s'arrange pour ne
pas en avoir, elle a peur de l'intimité avec son
conjoint ( Godbout N., 2007 ) etc. ...

- Si l'imprégnation par de la violence traumatique reste
très forte, si la personne n'a
jamais pu se soulager en parlant à un tiers des souffrances
et des agressions subies,
il existe un autre type de risque, commun à tous les cas
de « syndrome de stress
post-traumatique » ( Kiser, 1991 ; Zlotnick C.,
1996 ) C'est celui du renversement
soudain et brutal de rôle et de la décharge impulsive
du comportement qui a été celui
de l'abuseur : la personne exorcise sa terreur intérieure en
faisant subir à un autre,
souvent faible et innocent, ce qu'on lui a fait à
elle-même. Ce risque est loin d'être
inéluctable : tous ne s'extériorisent pas de la sorte,
loin de là. Ceux qui le font, ne le
font que très occasionnellement, avec une
répétitivité faible, et le plus souvent à
l'époque où c'est encore très chaud et
douloureux en eux, c'est à dire pendant
l'adolescence et au début de l'âge adulte.
Extrait de The shining, (S. Kubrick, 1980)
Le père, devenu fou, essaie de tuer toute sa famille
à la hache ... De quoi laisser vivant un solide
traumatisme dans le psychisme des personnes concernées ...

- Il existe une issue encore plus rare mais encore plus
catastrophique, et qui est
propre à des personnes qui glissent précocement
du deuxième pôle ici décrit
jusqu'au quatrième, celui de l'agressivité et de
la haine élevée en système. On voit
cela par exemple, lorsque l'on étudie la biographie de
certains
serial killers (
6)
Au
début de leur « carrière », il
s'agit d'enfants qui vivent dans des ambiances très
violentes et ont été eux-mêmes très
violentés. Ici, tôt dans l'enfance, vers neuf, dix
ans, ils éteignent ou réfutent de façon
très bétonnée les traces anxieuses et, un peu
par identification, un peu par rage de protestation, ils
« concoctent » une agressivité
haineuse, envahissante et souvent très bien
contrôlée. Ils sont souvent très
solitaires. Leurs fantasmes peuvent être effrayants ; leur
appétence pour les images
de meurtre et de torture aussi ; on les voit très
cruels avec des animaux et petit à
petit, c'est aux humains qu'ils s'en prennent. Ils ciblent entre
autres ceux qui, par un
signe ou l'autre de leur personnalité, peuvent évoquer
les carences ou les violences
qu'ils ont subies. Dans le livre que j'ai consacré à
la destructivité chez l'enfant et
chez l'adolescent ( Dunod, 2e édition, 2007 ), je
situerais leur personnalité en comorbidité
« Psychopathie – perversité »
III. Troisième pôle : tristesse, honte et culpabilité
Echelle du temps : il peut s'agir d'une pathologie transitoire,
qui s'étend dans les
mois qui suivent la cessation de l'abus, ou d'une pathologie plus
chronique. Elle peut
même commencer à s'installer de façon
différée, lorsque des événements typiques
de la traumatisation secondaire plongent l'ex-victime qui ne s'y
attendait pas dans
l'incrédulité, l'indignation et le désespoir.
Se retrouvent ici en proportions variables des vécus plus
ou moins irréductibles de :

- Tristesse : avoir un destin malheureux, différent
des autres ; être privé d'un bon
parent ( l'abuseur ) ; mais parfois de deux ( l'autre
ne protège pas la victime, ne la
croit pas, le condamne activement )

- Désespoir ; perte de confiance dans les autres :
aucune aide à attendre de personne.

- Honte : impression d'une tache sur la famille ou sur soi,
que les autres ont repérée
et montrent du doigt.

- Culpabilité : ses sources peuvent être multiples,
complètement ou partiellement
irrationnelles : s'être laissé faire et
avoir été inefficace ; avoir amené des
ennuis dans la famille ou une tache honteuse ; avoir
été ambivalent et se reprocher la part de
plaisir ou de satisfaction affective que l'on a connu, etc.
deux ans après cessation d'abus commis par son père,
cette fille de douze ans, mal dans sa peau, devenue solitaire et
porteuse de plaintes psychosomatiques, dessine une fillette, porteuse
de taches noires qui la font rejeter par les autres, et qui
éclosent chaque fois qu'elle commet une faute

- Et donc, il s'en suit une chute plus ou moins prononcée
de l'estime de soi, jusqu'au
vécu franchement dépressif (« Je ne vaux
rien et personne ne m'aimera jamais »)
( Bushnell et coll., 1992 ; Mullen et coll., 1996 )
Ici encore, les interactions avec la
génétique et avec des modifications
cérébrales déjà évoquées,
peuvent être très opérantes.
Tous ces vécus pénibles entraînent des
comportements quotidiens qui extériorisent
la perte de la joie de vivre et de la confiance en soi. Ces
personnes communiquent
peu, se replient sur elle-même, ne savent pas dire du bien
d'elles-mêmes,
réussissent peu de projets. .Elles sont également
candidates à des troubles
psychosomatiques, par exemple des douleurs pelviennes chez
les femmes ( Rapkin et coll., 1990 )
Elles aussi peuvent rester célibataires ou rater leurs
liens sentimentaux et leur vie
sexuelle, plus par manque de confiance en soi et par honte que
par angoisse.
D'autres iront se mettre sous la coupe d'un partenaire irrespectueux,
qui leur fait
subir diverses violences, en ce inclus dans le domaine sexuel
( re-victimisation
tardive ) Quelques femmes se réorientent vers
l'homosexualité, par dégoût et haine
des hommes, et pour trouver quand même chez l'autre des
signes d'affection plus fiables ( Polusny et
Follette, 1995 ; Roberts et Sorensen, 1999 )
Il arrive que ces vécus pénibles deviennent tout
à fait insupportables pour la
personne : c'est à l'origine de quelques anorexies
mentales de forme quasi-mélancolique, à la fin
de l'adolescence, de quelques tentatives de suicide ou suicides
réussis, ou encore d'évasion dans la consommation
addictive de drogues fortes.
Pas très fréquemment, l'on peut voir s'installer aussi
des conduites négativistes
extrêmes surtout à l'adolescence et au début
de l'âge adulte. Difficile alors parfois de
déceler le pôle de souffrance morale lié aux
violences subies, bien caché derrière
des troubles du comportement où l'adolescent n'arrête
pas de se détruire en
détruisant les autres : par exemple, filles en
rupture de liens sociaux, avec des
conduites sexuelles à risque, jusqu'à la
prostitution ( Widom C.P., Ames M.A., 1994 ;
Stewart L. and coll., 1996 )
IV. Quatrième pôle : colère et victimisation
Il est possible que le vécu de colère soit
immédiat et perdurant : quelques victimes,
surtout avant l'adolescence, osent réagir avec une
indignation immédiate ; elles
obtiennent alors souvent cessation des faits et réparation,
et leur colère s'éteint progressivement.
Plus souvent, c'est un vécu différé :
l'ex-victime découvre qu'elle a été
baratinée,
trompée ou que l'abuseur reste impuni, parfois triomphant,
parfois s'en prenant à
d'autres, et sa rage va croissant. Ou alors, ses premiers
comportements de
victimisation sont renforcés positivement et l'invitent
à en remettre.
A. Formalisations les plus usuelles : colère
dirigée contre la personne qui a abusé
mais se limitant à être exprimée à
des tiers ; colère s'adressant directement à
l'abuseur, et s'exprimant par des actes divers ( plainte
judiciaire ) ; colère portant
également contre tous ceux qui ont été passifs
et n'ont pas bien aidé ; non désir
perdurant de pardonner.
Dans le film Festen évoqué plus haut, le fils
aîné fait définitivement voler la fête en
éclats en accusant son père des abus sexuels
répétés qu'il a fait subir à sa
sœur et à lui durant leur enfance
B. La victimisation existe souvent en couplage avec la colère
manifeste, et plus
rarement indépendamment. Elle ne consiste pas qu'en un
comportement de
dépendance ostensible. Elle a aussi la dimension d'un
agression indirecte, parfois
incessante, contre la famille et la société qui
n'ont pas su aider efficacement en
temps et heure : l'ex-victime leur signale ostensiblement tout
son vécu douloureux et
l'invalidation de sa vie sans faire d'efforts suffisants pour se
prendre directement en
charge et en demandant mille réparations à
la société.
C'est aussi bien sûr une agression en retour de l'abuseur,
pointé du doigt comme le
monstre qui a fait tant de choses horribles et poussé
à payer dans tous les sens du
terme. Assez souvent, la victimisation se joue sur la place
publique ( médias,
livres ...) et tous les renforçants que la personne
reçoit l'enferment dans ce rôle
qu'elle a commencé à jouer.
N.B. Pour mémoire relire la variante
« psychopathie-perversité »
décrite avec le second pôle.
V. Le cinquième pôle : modifications du projet
affectif et sexuel dans le sens du désir de l'abuseur
Tous les abus ne sont pas effrayants, rappelons-nous en. Certains
sont vécus par
l'enfant comme une initiation et un apprentissage d'un savoir
érotique qui lui plaît
bien. Les mêmes, ou d'autres encore, peuvent être
vécus comme un moment de
rencontre, si pas de privilège affectif : parfois,
l'enfant se trompe à ce propos, car son
abuseur est bien occupé à l'embrouiller. Mais
parfois pas : même s'il commet un
abus, l'adulte donne aussi son affectivité, tout immature
qu'elle soit.
Que peut-il s'en suivre ?
A. Un attachement sincère à la personne qui
abuse. Attachement le plus souvent
transitoire car l'enfant vieillit et l'adulte va chercher une
autre fontaine de Jouvence.
Ou alors, la société met le holà, de
façon brutale : moment douloureux pour l'enfant,
qui s'en remet le plus souvent en cicatrisant si pas en
oubliant (
7)
De très loin en très loin, une exception pour des cas
dont le début est à la limite de la
pédophilie et d'autre chose, plus acceptable :
adolescents jeunes ( quatorze, quinze
ans ) qui restent longuement attachés à l'adulte,
leur amant, comme n'importe quel couple.
B. Plus fréquent : enfant allumé sexuellement
précocement et qui continue à vivre
une vie sexuelle sans beaucoup de retenue ( Yale, 1982 )
Sélection de la
sexualité « partie de
plaisir » (
8)
plutôt que de la sexualité liée à
l'affectivité. Pendant
l'adolescence, il continue à « chercher »
d'autres adultes, éventuellement en se
faisant « un peu de blé ». A noter
qu'il ne se transforme pas spécifiquement en
abuseur, mais plutôt en hédoniste
partouzeur ( Browning et Lauman, 1997 )
Plus rare : enfant qui adopte les perversions de celui qui
l'a abusé, par goût acquis.
Dans la suite de sa vie, il peut donc reproduire à son
tour des comportements
pédophiliques. Il n'est néanmoins pas
dénué de responsabilité à leur propos. Il
ne s'agit pas ici de décharges irrépressibles.
D. Plus rare : orientation homosexuelle par goût ( pas
par dégoût de l'autre sexe,
comme ce qui a été évoqué
précédemment ) ( Liak, 1994 ) Ici des
expériences
homosexuelles vécues comme positives et vécues
surtout à partir de la
préadolescence constituent un fort facteur
déclenchant ( mélange de satisfaction
affective et sexuelle ) On peut se demander néanmoins
si elles ne constituaient déjà
pas d'emblée un maillon dans un ensemble logico-affectif,
c'est à dire si l'enfant
n'était pas déjà prédisposé
à aller se jeter dans les bras de son vieil ami homo.
§ IV. Conclusions
J'espère avoir pu montrer combien peut être
diversifié ce qui se vit dans le décours
d'un ou d'une série d'abus sexuels matériellement
arrêtés.
Mouvance dans la durée. Diversité d'intensité,
de la cicatrice un peu douloureuse par
moments à l'invalidation de la vie quotidienne, si pas au
suicide. Diversification de
forme aussi, la moindre d'entre elles n'étant pas le retour
à la normale ou quasi.
L'analyse des raisons d'être de ces conséquences doit
être multimodale : l'abus est
un phénomène qui s'intègre parfois très
logiquement – très naturellement, me
hasarderais-je à dire -, dans un ensemble de
causalités qui va de la génétique à
l'ambiance sexuelle générale, en passant par
l'histoire de vie de l'enfant, la
dynamique de ses relations proches et la construction progressive
de sa personnalité. Et l'on peut raisonner de la
même manière pour les conséquences. Il
ne faudrait donc pas parler de conséquences de l'abus
sexuel, mais de celle de tout
un système de « forces opérantes »
où l'abus a occupé une place. Et il n'est pas si
rare que l'on fasse l'erreur reprise dans l'adage « Post hoc,
ergo propter hoc ».
Certes, il existe des victimes meurtries à vie, les survivors
de la littérature nord-
américaine. Mais il existe bien davantage de gens qui
essaient de se remettre
debout, de « faire avec » un souvenir, des traces
inscrites dans la mémoire, même
lorsque ce qui s'était passé au moment des faits
étaient cauchemardesque. Et il en
existe aussi qui ont vraiment tourné la page de cette
partie de leur itinéraire de vie.
Nous avons vu que la reproduction transgénérationnelle
existait parfois mais, ici
aussi, l'analyse de ses raisons d'être doit être
très prudente. Le rapport est parfois de
simple contingence temporelle, et pas de causalité. Et
même quand il est de
causalité, il ne s'agit la grande majorité des fois
que d'une causalité partielle : la
personne peut être poussée de l'intérieur,
prédisposée par de la souffrance
morale ... même si cela peut sembler paradoxal que de
la souffrance morale pousse
à refaire ce qui pourtant a fait souffrir. Elle peut
être poussée aussi par un éveil
excessif et un ciblage nouveau de ses appétits sexuels. Les
recherches contemporaines nous montrent même peut-être
qu'il s'est mis en place des
modifications cérébrales constituant des
poussées d'intensité modérée, qui ne
suppriment pas l'existence de la liberté, du choix, de la
liberté et de la responsabilité.
Les fois où la reproduction transgénérationnelle
est le fait d'une impulsion irrésistible
ou quasi son infiniment plus rares, quasi toujours liées
à la très grande violence qui a
marqué la jeunesse de l'abuseur de seconde
génération. Enfin, il est juste de
rappeler que la grande majorité des personnes qui ont
été victimes d'abus n'ont
vraiment jamais l'idée d'en commettre à leur tour !
RESUMES
Résumé en français.
Fort d'une expérience clinique de trente-cinq années
dans le champ de la
lutte contre l'abus sexuel, l'auteur apporte son témoignage
quant au devenir à long
terme des victimes d'abus sexuels. Des facteurs de gravité ou
de protection existants, mais ne donnant jamais que des indications
statistiques. Entre autres, il ne
faut pas sous-estimer le problème de la traumatisation
secondaire.
L'auteur distingue cinq pôles possibles de devenir : la
cicatrisation ( probablement la
plus fréquente ) ; le maintien d'angoisses
post-traumatiques élevées ; la dépression
et la culpabilité ; la colère et la victimisation et la modification du projet affectivo-
social dans la direction voulue par l'auteur.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Résumé en anglais : Summary.
The long-term evolution of children and teenagers victims
of sexual abuse
Based on thirty-five years of clinical experience in the field
of the fight against sexual
abuse, the author offers his clinical observations on the
long-term becoming of the
victims. Factors of gravity or protection may be evoked, but
only by statistical
indications. Among other things, one should not underestimate
the problem of the secondary traumatization.
The author distinguishes five possible poles of becoming : the
healing ( probably
most frequent ) ; the maintenance of high post-traumatic
anguishes ; depression and
culpability ; anger and victimization and finally the
modification of the social-affective
project in the direction wanted by the author.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Résumé en néérlandais : Samenvatting.
en préparation
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Résumé en espagnol : Resumen.
El futuro a largo plazo de los niños y adolescentes
víctimas de abuso sexual
Basandose eb una experiencia clínica de treinta y cinco
años en el
campo de la lucha contra el abuso sexual, el autor aporta su
testimonio en cuanto a
la evolucion a largo plazo de las víctimas de abusos
sexuales. Factores de gravedad
o protección pueden ser evocados, pero no dando mas que
indicaciones
estadísticas. Entre otras cosas, no hay que subestimar
el problema del traumatisacion secundaria.
El autor distingue cinco polos de futuro : la
cicatrización ( probablemente el más
frecuente ) ; el mantenimiento de elevadas angustias
post traumáticas ; la depresión
y la culpabilidad ; la cólera y la victimisation
y la modificación del proyecto de vida
sexual en la dirección queridda por el autor.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Mots-clés
conséquences de l'abus sexuel, traumatisation
secondaire, angoisses
post-traumatiques, victimisation, dépression
chronique, hyperérotisation.
Key-words :
Consequences of the sexual abuse ; secondary
traumatization ; post-
traumatic anguishes ; victimization ; chronic
depression ; hypererotisation.
Sleutenwoorden :
en préparation
Palabras clave :
consecuencias del abuso sexual ; traumatisacion secundaria ;
angustias post traumáticas ; victimisacion ;
depresión crónica ; iperérotisacion.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Notes
1. Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur
émérite à la Faculté de Médecine
de l'Université Catholique de Louvain.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be.
Site Web :
http://www.jeanyveshayez.net/
2. Désormais, dans ce texte, les termes « enfants,
jeunes ou mineurs d'âge » seront employés de
façon équivalente. Quand il faudra faire des
spécifications liées à l'âge, elles
seront clairement indiquées.
3. Et même si c'est un mineur, mais avec des
différences d'âge très importantes : par
exemple, sollicitation d'un petit, d'âge scolaire, par
un grand adolescent normalement intelligent ...
4. S'il n'est sacrifié que pour des raisons
économiques, la gravité vécue peut
être moins lourde. Par
exemple, dans le Tiers Monde, un certain nombre de mères
très pauvres savent que leur fille de treize
ans est sacrifiée aux exigences sexuelles du
beau-père, source unique des maigres ressources
économiques de la famille. Et la fille sait que la
mère le sait. Mais elle se soumet pour survivre.
5. ou une séquence de brève durée.
6. J'ai appris également que certains gènes
pouvaient prédisposer à ces issues très
grossières.
7. J'ai connu cependant un cas de suicide violent chez un jeune
adolescent qui ne supportait pas
cette rupture. Et il y a du y en avoir quelques autres, bien
dissimulés par les parents et l'entourage ...
8. Lire ce qui concerne « les enfants sans
retenue » in J.-Y. Hayez, la sexualité des
enfants, Odile Jacob, 2004, p. 94 et sq. et p. 248 et sq.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
Création le 26 août 2007.
Dernière mise à jour
le dimanche 25 juillet 2010.
DS.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.

... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
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pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
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jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
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du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
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pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
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non expliquée. Nous le regrettons vivement
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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
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Résumé - Abstract - Samenvatting - Resumen.
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RESUMES
Résumé en français : Résumé.
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Résumé en anglais : Summary.
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Résumé en néerlandais : Samenvatting.
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Résumé en espagnol : resumen.
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.
Note 1.
(1). Psychiatre infanto-juvénile, docteur en psychologie, professeur
émérite à la Faculté de Médecine
de l'Université Catholique de Louvain.
Courriel :
jyhayez@uclouvain.be.
Site Web :
http://www.jeanyveshayez.net/
Pour retourner à l'endroit
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Note 2.
(2) Désormais, dans ce texte, les termes « enfants,
jeunes ou mineurs d'âge » seront employés de
façon équivalente. Quand il faudra faire des
spécifications liées à l'âge, elles
seront clairement indiquées.
Pour retourner à l'endroit
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Note 3.
(3) Et même si c'est un mineur, mais avec des
différences d'âge très importantes : par
exemple, sollicitation d'un petit, d'âge scolaire, par un
grand adolescent normalement intelligent ...
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
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Note 4.
(4) S'il n'est sacrifié que pour des raisons
économiques, la gravité vécue peut être
moins lourde. Par
exemple, dans le Tiers Monde, un certain nombre de mères
très pauvres savent que leur fille de treize
ans est sacrifiée aux exigences sexuelles du beau-père,
source unique des maigres ressources
économiques de la famille. Et la fille sait que la
mère le sait. Mais elle se soumet pour survivre.
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.
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Note 5.
(5) ou une séquence de brève durée.
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Note 6.
(6) J'ai appris également que certains gènes pouvaient
prédisposer à ces issues très grossières.
Pour retourner à l'endroit
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Note 7.
(7) J'ai connu cependant un cas de suicide violent chez un jeune
adolescent qui ne supportait pas
cette rupture. Et il y a du y en avoir quelques autres, bien
dissimulés par les parents et l'entourage ...
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.
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Note 8.
(8) Lire ce qui concerne « les enfants sans
retenue » in J.-Y. Hayez, la sexualité des
enfants, Odile Jacob, 2004, p. 94 et sq. et p. 248 et sq.
Pour retourner à l'endroit
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complex posttraumatic stress disorder Journal of traumatic stress, 1996, 9-2,195-
205.
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mort d'un proche,
mots-clés,
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perversion sexuelle,
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sanctions,
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séparation parentale,
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soins pluridisciplinaires,
stress,
SOS-enfants,
suggestibilité,
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trouble du comportement,
trouble psychique,
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