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Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez
Jean-Yves Hayez |
Bizarreries sexuelles, actes
pervers isolés et perversions
sexuelles chez l'enfant.
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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Bizarreries sexuelles, actes pervers isolés
et
perversions sexuelles chez l'enfant
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Paru dans Neuropsyc Enfance Adolesc.,2003.
J.-Y. HAYEZ
(1)
Pourquoi cet essai ? Au fil de ma carrière
professionnelle, j'ai
rencontré quelques enfants et adolescents porteurs
d'une solide
perversion sexuelle, en étant confronté aux aléas de
leur éducation
et des soins à leur apporter. Quelques-uns, une
quinzaine en trente ans.
Sommet d'un iceberg ou grande rareté d'une telle
structure, du
moins sous sa forme chronicisée ? Un des buts de cet
essai est d'y
réfléchir en ne tranchant d'ailleurs ni par
l'angélisme, ni par la dramatisation.
Sur les forums et dans les chats d'Internet, au moins
là, les
langues des jeunes se délient ; même sans être assez
naïfs pour
croire que tous ceux qui y annoncent leurs 12 ans les
ont
vraiment, ni que tout ce qui s'y dit est de l'ordre du
réel concret,
on ne peut pas non plus faire la politique de
l'autruche il y
fourmille des milliers de témoignages d'un rapport -
breugelhien?
impertinent? inquiétant? - que les mineurs d'âges
entretiennent
avec une sexualité qui est tout sauf
politically correct. Mors,
comment la gérer quand on en découvre les signes ?
Faut-il
essayer d'en prévenir quelque chose ? Et si oui,
comment?
Beaucoup plus souvent, j'ai été confronté au profond
désarroi des
parents face à des indices ou à des expériences tout à
fait
inattendues : que dire à ce jeune de il ans surpris
dans un superbe
transvestissement? Et à cet autre, dont ils découvrent
- par hasard?
- qu'un gros dossier de son ordinateur contient des
dizaines
d'images consacrées au sado-masochisme, à la zoophilie
ou aux
plaisirs urinaires ? C'est de toutes ces petites et
grandes bizarreries
dont je voudrais parler ainsi que des conduites à
recommander
aux parents et aux soignants, sans sourire ni
diaboliser!
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§ I : LE CADRE DE SEXUALITÉ DANS LEQUEL
S'INSCRIT UN FONCTIONNEMENT PERVERS.
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Je me centrerai sur les enfants entre 6 et 13 ans,
d'intelligence
normale ou avec un léger retard mental, non autistes,
non psychotiques.
Lorsqu'ils sont en bonne santé mentale, ils ont des
activités
sexuelles d'abord assez espacées ( sexualité "
récréative ") ; leur
intensité augmente au fur et à mesure que s'approche
la puberté,
en même temps que leur forme rejoint progressivement
ce que
font les grands adolescents et adultes.
Plus ils grandissent, plus ils s'avèrent capables de
mener leur
sexualité avec une discrétion efficace, loin du regard
des non-
partenaires, tant par prudence que parce qu'ils
adhèrent vraiment à
des normes sociales et à des prescrits culturels qui
le demandent.
Une seule catégorie d'activités sexuelles échappe à
certains
moments à cette recherche de " privé ", ce sont celles
qui sont
générées par l'angoisse, résultant ici d'un
traumatisme introjeté,
d'un vagabondage de l'imagination ou d'une
organisation
névrotique : alors, une certaine contrainte intérieure
à faire des
vérifications sexuelles ou à s'identifier à
l'agresseur conduit
régulièrement l'enfant à pratiquer à ciel ouvert dans
un climat de tension, voire de violence.
Par contre, les activités sexuelles discrètes, menées
solitairement
ou en compagnie, constituent majoritairement
l'expression d'un
développement sexuel sain et répondent aux critères
cliniques du tableau I.

Plus rarement, ce sont des activités sexuelles
préoccupantes (2) :
je viens d'évoquer celles qui sont générées par
l'angoisse, parfois
menées sous le regard d'autrui, mais parfois aussi en
cachette.
Par ordre de fréquence décroissante, il y a ensuite
des enfants sans
retenue, précocement hyper
érotisés ( hyperreactive
children,
Cavanagh Jonhson, 1999 ).
Viennent alors, déjà beaucoup moins fréquents, les
abus sexuels,
dictés par la recherche du pouvoir, puis les quêtes
affectives
sexualisées ( Hayez, 1999; Hayez 2004 ).
Viennent enfin les activités perverses, transitoires
ou destinées à
se chroniciser, qui feront l'objet de la suite de
l'article.
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§ II : MÉCANISMES DE MISE EN PLACE.
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Il en existe trois principaux. Je les décrirai d'abord
séparément puis j'évoquerai
leurs combinaisons possibles et les pronostics
d'évolution qui en résultent. Je
terminerai par la description détaillée d'un cas.
I - Description de chaque mécanisme.
A. L'enfant découvre par hasard
qu'une activité
sexuelle précise
lui procure un très grand plaisir ; plaisir physique
local,
réminiscence de plaisirs archaïques, joie de vivre
qu'il fait une
expérience exceptionnelle, qu'il défie les règles,
etc. Il ne s'y
attendait pas, mais il va très vite apprendre à
reproduire celle
inondation de plaisir jusqu'à parfois en devenir
dépendant ( conduite addictive! ).
Par exemple, beaucoup d'enfants qui se travestissent à
l'occasion,
pour jouer, dans une sorte de carnaval où tout paraît
possible, s'en
tiennent là et n'y vivent aucune composante sexuelle ;
néanmoins,
tel garçon a pu éprouver une violente érection à
travers des sous-
vêtements féminins un peu étroits : par la suite, ce
n'est plus se
travestir qui l'intéressera, mais ré expérimenter ce
moment de
jouissance intense pour y arriver, il peut se mettre à
élaborer et à
réaliser secrètement un scénario, toujours quasi-
identique : il
passe du travestissement au
transvestissement ( Chiland, 1999 ).
A l'origine de l'expérience princeps, il peut exister
un pur hasard
l'ennui, une opportunité externe, l'entraînement par
un autre ...
Il peut également exister une motivation affective plus
précise, mais qui visait
un effet non pervertisseur. Je l'illustrerai bientôt
avec l'étude détaillée des
comportements de mibaut et en voici déjà l'un ou
l'autre exemple :
- Pour abréagir ses tensions psychiques en "
s'identifiant à
l'agresseur ", tel enfant fille ou garçon, lui-même
objet de
violences, se met à molester des plus petits,
physiquement et
sexuellement ou à exercer des cruautés sur un animal,
et un
malheureux hasard veut qu'il y trouve un plaisir
intense qu'il se met à cultiver.
- Pour comprendre et dominer son propre
traumatisme sexuel,
tel préadolescent se met à cyberdraguer de louches
internautes
sur des salons de chat du genre " Maître cherche lope
" ... et il
éprouve beaucoup de plaisir à jouer la lope, au point
de passer
du monde médiaté de l'écran à celui des rencontres
incarnées.
Lorsque cette recherche d'un plaisir fort s'amplifie,
au moins deux
mécanismes de régulation contraires peuvent
intervenir :
- Des Instances Intérieures essaient parfois de
s'y opposer avec
une intensité variable ( système de valeurs; Idéal du
Moi et
Image de Soi; Sur-Moi plus archaïque; intelligence et
refus
d'une dangereuse anormalité, etc. ) : personne n'entre
dans la
perversion comme dans un tout ou rien! Si l'on a la
chance et
la disponibilité intérieure de bien écouter l'enfant,
on constate
souvent que, préoccupé, il se pose et pose la question
: " Suis-
je normal? Vers où vais je ? ".
- Des voix extérieures peuvent par contre
encourager le même
enfant à être lui-même (« You want it? Just do it !
»), jusqu'à
la déviance et sans se soucier de l'effet produit sur
autrui. C'est
ce qui se passe, par exemple, dans bien des
cyberforums et
chats entre jeunes - lieux arrosés, il est vrai, par
quelques
adultes zélateurs - : les petites perversions, celles
qui ne
mettent pas en question les Lois Naturelles, sont
banalisées et encouragées.
Ainsi, Mike ( 14 ans ) qui y écrit : " I
sometimes think that I am a freak because
for some reason I am very attracted to boys'
feet. If there is a barefoot boy somewhere, I
have to look at his feet and toes. Or even if
they are wearing sandals, I have to look. I
think boys feet are so cute but don't know
why I have this kind of attraction for their
feet. Is this normal? " ... reçoit ensuite de
plusieurs correspondants de tous les âges
des réponses dont la synthèse est : " Ce que
tu décris, Mike, c'est le fétichisme des pieds
... et pourquoi pas ? Des tas de jeunes le
vivent. Sois toi-même ".
B. Il existe également des applications précoces
de l'hypothèse
freudienne classique centrée sur l'angoisse d'une
rencontre intime,
le refoulement puissant et le déni. On s'en convainc
très
raisonnablement en écoutant des adultes parler en
psychothérapie,
mais il est plus difficile d'en étayer cliniquement
l'existence
lorsque l'interlocuteur est un enfant.
Ici, lors de la petite enfance, à l'époque de phases
d'investissement
primitif puis oedipien des parents, il surgit des
angoisses très
fortes autour de la rencontre interpersonnelle de
l'autre, affective
et corporelle : le corps des parents, surtout de la
mère, pourtant
désiré, est aussi vécu comme effrayant; la scène
primitive
également. L'enfant refoule radicalement et ce qu'il
s'en
représente et ses désirs d'une rencontre intime avec
cet autre si étrange.
Ce refoulement est intense, stable et le protège de
l'angoisse à
l'avenir. Et l'enfant met au point des fantasmes et des
comportements dénégateurs-compensateurs où s'exercent
surtout
des pulsions partielles; malheureusement en référence
aux conséquences sociales, ils sont source de plaisirs
forts.
ILL 1. Voici la question qu'une maman
posait dans un journal pour parents. Il n'est
pas exclu, justement, que son petit garçon
vive une grande envie et une terreur à l'idée
- inconsciente - d'une rencontre infinie avec
elle; peut-être cette maman a-t-elle induit
trop de culpabilité autour de la sensualité
oedipienne, en référence à son éducation ...
" Un jour, dans la salle de bain, je surpris
mon fils de 6 ans ayant ligoté sa soeur, âgée
de 3 ans, à une chaise avec une ceinture.
Très excité, il sautait de tous côtés, nu
comme un ver, le sexe en érection. Je fus, je
l'avoue, assez surprise par cette scène
inusitée. Je ne l'ai pas grondé mais je lui
enjoignis de ne plus jamais attacher sa
soeur de la sorte. A cela, il me répondit: "
Mais elle aime ça! ".
Le lendemain, étonnée par un calme
inhabituel, celle maman alla jeter un coup
d'oeil dans la chambre de son fils. Quelle ne
fut pas sa surprise de trouver l'enfant dans
le même état que la veille, mais cette fois,
face à toutes ses peluches ligotées les unes
aux autres.
Poursuivant, la mère dit: " Je n'ai pas pu
m'empêcher d'être très saisie par la scène.
Dans mon éducation, tout ce qui touchait à
la sexualité était tabou ". Sans doute mon
fils a-t-il perçu mon trouble car, prestement,
il cacha ses peluches dans son sac à jeux
situé sous le lit. D'un air faussement banal,
il me dit: " Laisse-moi maman, je jouais un
peu! ".
ILL 2. Et que dire de ce jeune adulte
solitaire, très timide avec les filles, et qui
décrit sa relation avec sa mère comme "
glacée ".
Il est très malheureux de ce qu'il appelle la
stagnation de sa sexualité. Elle n'est que
masturbatoire, et une bonne partie du
temps, consacrée à la masturbation anale
avec des objets. " J'ai commencé à 9 ans ",
dit-il. " J'avais trouvé une revue porno où
une femme se masturbait le vagin à
plusieurs doigts. Peut-être que j'ai voulu
l'imiter, mais le lendemain, je m'entrais le
goulot d'une bouteille (3)
dans le derrière.
Et j'ai toujours continué " .
C. Autre mécanisme souvent évoqué,
surtout par la psychanalyse
lacanienne, c'est le désir de bafouer les lois, depuis
les simples
règles sociales et prescrits culturels jusqu'aux Lois
naturelles.
- Dans sa forme la plus radicale, ce désir de
bafouer, souvent
subtilement exprimé, est sans limites; il inclut donc
la destruction
morale et parfois même physique de l'autre. Souvent,
l'on constate
qu'au moins un parent, plus fréquemment la mère,
encourage cette
manière d'être où la volupté suprême, c'est d'être
anarchique.
Bien que l'illustration en soit un peu
sommaire, on se souviendra de la mère et de
la soeur aînée de Malagnac, le mettant en
contact avec Roger Peyrefitte à l'âge de 12
ans, pour qu'il fasse la connaissance d'un
monsieur qui écrivait si bien sur les jeunes
adolescents. Trois heures après, il
conversait nu au lit avec l'alerte pédéraste,
après une sieste dominicale agitée ...
- D'autres parents, porteurs de conflits
psychiques mal liquidés,
peuvent avoir comme une envie inconsciente de vivre
telle ou
telle pulsion partielle par la procuration de leurs
enfants. Face à
une activité déviante, ils envoient donc un double
message, voire ne la répriment pas du tout.
- Parfois, c'est plus ciblé et indépendant des
encouragements des
parents lors d'une mauvaise passe, lors d'un moment de
haine
particulièrement fort contre les adultes, lors d'un
moment de
solitude mal supporté (4)
, tout enfant peut avoir le désir de
s'étourdir, de se venger, et peut-être de s'auto-
détruire, en faisant
l'expérience de ce qu'il sait être le Mal.
- Mais il y a peut-être plus " banal ", qui a à
voir avec
l'augmentation de
l'hédonisme ( Lazartigues, 2002 )
et des conduites addictives dans l'ensemble de la
population (5)
, le recul
et l'émoussement des normes sociales et familiales,
couplé à des
incitations omniprésentes à la consommation, font que
beaucoup
ne se sentent plus contenus par un Père social fort;
pour
consommer du plaisir, ils se donnent donc le droit de
faire
n'importe quoi; si l'on retenait les leçons de
l'Histoire, on se
souviendrait que c'est ainsi qu'ont commencé la
décadence puis la
mort de bien des civilisations!
Si vous faites entrer le mot-clé « infantilisme » sur
un bon moteur de recherche du web, vous verrez que des
milliers de personnes vivent une partie de leur temps
déguisées en bébés, s'oubliant dans leurs langes, se
donnant ou se faisant donner des biberons, avec ou
sans
tripotages sexuels associés ... ils échangent des
considérations sur leur histoire et leurs manies dans
des
forums spécialisés, constituent des couples
symétriques
ou complémentaires, hétéro ou homo ... un psychologue
infantiliste intellectuellement bien doué leur
explique
qu'il ne s'agit pas d'une perversion, mais d'un
épanouissement génétique et leurs témoignages écrits
révèlent que pour une partie des personnes concernées,
les premiers vols et poses secrètes de langes ont
commencé à partir de 7,8 ans.
II - Combinaison de ces facteurs et évolution de
l'organisation perverse.
Le facteur A existe souvent à lui tout seul; c'est
probablement alors que le risque de maintien de
l'activité
perverse est le plus faible. L'enfant est davantage
libre
intérieurement et sa créativité lui trouve d'autres
sources de plaisir.
Lorsque le facteur B existe, le facteur A souvent s'y
ajoute souvent secondairement. Le risque de
chronification est
grand, surtout si des attitudes externes de
l'entourage persistent à
montrer que la rencontre intime avec l'autre est
dangereuse.
Lorsque le facteur C existe, le facteur A vient
également souvent le compléter. Le risque de
chronification est
surtout lié à la complicité subtile de l'entourage ou
à la solitude
perdurant et discrètement mal supportée par l'enfant.
Donc, ce dernier risque existe bel et bien. Toutefois,
même alors, l'envahissement par le projet pervers est
variable.
A la limite inférieure, et sans doute principalement
en
référence au mécanisme A, on peut dire qu'il y a des
composantes
perverses mineures qui se préparent dès l'enfance et
demeurent
observables dans le discours et le comportement sexuel
de chacun ( Bokanowski, 1995, p. 1416 ).
A l'autre extrême, le plus touché, le besoin de
réaliser
l'activité perverse est contraignant; toute autre
forme de sexualité
est exclue et la vie quotidienne est invalidée par la
tyrannie de la
perversion.
On ne devrait se référer à la dénomination "
perversion
sexuelle ( effective )" chez l'enfant que lorsque
existe une certaine
chronification et un envahissement important de son
énergie
psychique par la déviance. Sinon, même s'il s'agit
structurellement
d'un fonctionnement pervers momentané ou limité, on
protège
l'enfant socialement en restant vague dans l'étiquette
que l'on attribue à celui-ci.
III - Une illustration détaillée.
Thibaut relève très probablement d'une combinaison des
mécanismes A et C. Sur l'insistance de ses parents, il
finit par
accepter de me rencontrer à 13 ans 1/2 à cause de
difficultés
d'endormissement tenaces ( elles le tiennent souvent
éveillé
jusqu'aux alentours d'une heure du matin ) et qui
retentissent sur la
qualité de sa vie diurne. Un bilan organique n'a rien
mis en évidence.
Petit à petit patiemment nous parviendrons à nous
apprivoiser mutuellement lui et moi. il se mettra
alors à parler très
personnellement, comme moi face à lui. Et entre
autres, il me
confiera le mélange de préoccupations, de
surinvestissement et
d'excitation que lui cause sa vie sexuelle. Parfois,
quand c'est trop
difficile, il demandera a s'expliquer par e-mail; je
marquerai mon
accord sous réserve qu'on en reparle de vive voix à
une séance suivante.
Il a maintenant presque 16 ans. Souvent il parle avec
beaucoup d'intelligence sensible de lui, de sa famille
et des autres.
Sur le plan affectif et sexuel, il me dit que le grand
rêve de sa vie
c'est de rencontrer une fille juste un peu plus âgée
que lui qu'il ne
se ramasse pas un râteau, qu'ils s'aiment et qu'il lui
fasse l'amour la
première fois en " assurant " la durée d'un morceau
des Pink Floyds
sur fond duquel " ça " se passerait ( superbe, ce
fantasme ... le
morceau dure 26' ! ). Il me dit qu'il est un brave
type, bon mais
timide, et que d'ailleurs son problème avec les
filles, c'est qu'il
n'ose pas bien les aborder. Il m'ajoute que, même s'il
se fait des
délires dégueu dans sa tête, jamais, pour du vrai, il
ne ferait du mal à une mouche ...
Et pourtant une bonne partie de sa vie sexuelle, il la
passe, tel un petit Méphisto, à jongler avec le
plaisir et la douleur, à
composer et recomposer fantasmes et sensations
sadiques pour
finalement en demeurer le maître. Voici comment il en
parle :
- ( Vers 14 ans ) « Ma première sensation, j'avais 7
ans; on devait
descendre d'une corde à la gym; ça me faisait mal
quand ça
frottait ... euh, où tu sais; et en même temps, je
crois que ça me
faisait déjà triquer (6)
et jouir " ; je crois
qu'après, j'ai toujours
voulu mélanger les deux : avoir mal et m'exciter ...
euh, qu'est-ce
que t'en penses, toi? ".
Ce que j'en pense, je ne vous le dirai pas. Il est
probable
que Thibaut abhorre et chérit à la fois ses souvenirs,
fantasmes et expériences actuelles perverses. Il est
probable aussi qu'il est ambivalent quand il m'en
parle
en thérapie : Souhaite-t-il que je l'aide à s'en
débarrasser ou que je jouisse avec lui? Je crois qu'il
ne
le sait pas lui-même, d'un savoir certain! Ce qui lui
conviendrait le plus, c'est que je lui dise qu'il est
normal, que je lui donne des trucs pour réussir avec
les
filles, mais que je ne condamne quand même pas
définitivement tous ses petits plaisirs raffinés ...
- Un peu plus tard, il me dit: " Chez une vieille,
j'avais lu, je devais
avoir 10 ou 11 ans, toute une analyse de la Passion (
N.D.A. : du
Christ ): on expliquait que les romains avaient des
fouets avec des
billes de plomb pour faire plus mal; la souffrance sur
la croix était
détaillée ( etc. ) ... c'est juste après que j'ai
vraiment commencé à
me branler ...". "Je me souviens aussi d'une
grenouille de bénitier
qui nous faisait les cours et prenait un malin plaisir
à nous décrire
les supplices des martyrs ...".
- A 14 ans et 10 mois, il demande à m'écrire sur e-
mail un acte
commis à 14 ans 1/2 et dont l'évocation le rend
particulièrement
honteux : Alors qu'il est seul à la maison, Thibaut
feuillette la
documentation " Amnesty International " de sa mère,
qui y milite (7)
, à la recherche des secrets de celle-ci et d'un
peu d'excitation...
Mais ce qu'il trouve le stimule particulièrement : "
Tu connais
certainement cette photo ... je l'avais vue sur un
bouquin de ma
mère et j'avais été vraiment impressionné ... d'abord
parce que
c'est un contact brutal avec la torture : quelqu'un de
nu, un sac sur
la tête, des sacs de sable sur le dos, sur un chevalet
... simple, donc
pourquoi pas essayer ...". ( Il le fait en se
mettant nu, à cheval sur
un balai horizontal ) " ... Je me suis branlé et
l'éjac. a été la plus
forte que j'ai jamais connue ...
Or, ce qu'il me déclare le tracasser passablement,
c'est que depuis
lors son intérêt pour les images et histoires sadiques
du web a "
explosé " et elles deviennent le stimulant nécessaire
de ses
masturbations. Et il a peur de ne plus être normal et
encore plus de passer à l'acte.
- Vers 15 ans, il frôle ce passage à l'acte : il a
chatté avec un adulte
proche de son domicile ( un infirmier! ), adepte du SM
et qui
l'invite chez lui à une petite " partie de plaisir "
jouée à deux. A la
dernière minute, la prudence rattrape Thibaut et il ne
va pas au
rendez-vous fixé. En outre, ajoute-t-il : " Y avait
autre chose; j'ai
pas envie de pas être normal; mes délires, ça doit
être seulement
dans ma tête ".
- Nous discutons longuement de la place et du sens de
la sexualité
dans la vie; je lui demande d'encore bien réfléchir à
ce que lui
apportent ses vécus sadiques, et à une possible prise
de distance par
rapport à eux; nous travaillons autour de la dimension
" addiction "
et ses dangers; j'attire son attention sur
l'importance " d'entraîner "
ses fantaisies sexuelles vers plus d'orthodoxie s'il
veut réaliser son
grand rêve ( souvenez-vous, envoyer une fille au
septième ciel dans
les volutes musicales des Pink Floyds ... ).
En alternance avec ces séances parlées, il m'envoie
plusieurs e-mail
dont voici l'un ou l'autre extrait significatif : " Et
ça c'est MA
conception du SM : un voyage aux frontières floues du
plaisir et de
la douleur MAIS on reste dans le plaisir ! ... Comment
atteindre 7
frontière? " "On peut remarquer aussi que dans le
langage
populaire, jouir est synonyme de douleur ... qq. qui a
eu très mal,
dira : j'ai bien joui ... chez le dentiste, par
exemple ... je pense
aussi que l'orgasme est une association de douleur et
de plaisir ...".
- Alors, " complètement pervers ", Thibaut ? Bien accro,
en tout cas;
ennuyé quand même à l'idée de ne pas être normal;
compartimentant encore sa vie et menant parallèlement
des
activités scolaires et sportives satisfaisantes ( mais
des sports
solitaires, type natation et ski ); résistant de
toutes ses forces à la
tentation de passer à l'acte et pas sans morale quand
il s'agit de
penser la place de l'autre. C'est donc sur un morceau
de discours
social que je vais vous laisser, même s'il est exprimé
en langage
rude. Il achèvera de vous plonger dans l'incertitude à
propos de ces
formes modernes de perversion où une certaine
solitude, Internet,
l'émoussement général des normes et le droit que l'on
stimule chez
chacun pour qu'il se réalise urbi et orbi jouent un
rôle aussi
important que les mécanismes psychopathologiques
classiques déjà décrits.
A 15 ans et 6 mois, il me dit : " J'ai un petit cousin
qui a 12 ans; à
cet âge-là normalement on commence à se branler ... eh
eh ( petit
rire entendu ); eh bien je vais pas lui dire qu'il
peut faire mumuse
comme moi je fais (8)
; C'est ce qui doit me distinguer
d'un pédophile : chacun est libre de faire ce qu'il veut
et à l'âge où il le
sent ! Mais même si on a un intérêt pour le sexe, on n'a pas
forcément envie de faire l'instit du sexe pour les
gamins ... ".
... CQFD!
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§ III : COMPORTEMENTS INDICATIFS DE L'ACTIVITE
PERVERSE.
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Pour spéculer prudemment quant à l'existence d'un
fonctionnement pervers, il est important que les
indicateurs que je
vais énumérer soient majoritairement présents. Sinon,
il est
probable que l'on a à faire à une phase du
développement où
l'enfant se livre à quelques bizarreries sexuelles de
signification plus banale. Voici ces indicateurs :
I - La forme de l'activité sexuelle est souvent
bizarre,
éventuellement archaïque. Elle est " hors attente
culturelle ", " hors
normalité statistique " de ce que sont le
développement et les
intérêts sexuels d'un enfant de l'âge concerné et même
d'un enfant
précoce. Elle choque l'adulte témoin par son
étrangeté.
En voici l'un ou l'autre exemple, loin d'être
exhaustifs :
- Garçons ou filles qui font du sexe avec des animaux,
notamment leur chien ou leur chat;
- certains transvestissements très élaborés, avec port
permanent de
sous-vêtements de l'autre sexe, strip-tease
masturbatoire, etc.
- les fétichismes ( avec des objets; portant sur des
parties du corps,
etc. ); la collection d'images porno très spécialisées
accessibles sur le Net;
- l'infantilisme dont il a déjà été fait mention
- le sadisme ( envers les animaux, les plus jeunes )
ou le plaisir de
se faire mal ou celui de jouer avec la combinaison
plaisir-
souffrance, par exemple dans la zone génitale;
- l'entraînement de beaucoup plus jeunes dans des
activités sexuelles.
Néanmoins, il existe des faux positifs sur lesquels je
reviendrai plus loin :
un certain nombre d'activités bizarres sont générées
par des
mécanismes banaux comme la curiosité, la
réassurance, le besoin
d'avoir de la compagnie ( même celle très intime de
son chien ), le
désir de défier les normes, etc ...
Il existe aussi des faux négatifs : des activités
sexuelles
de forme génitale peuvent résulter des mécanismes
d'installation
tout juste décrits et répondre aux autres critères
cliniques que nous
allons passer en revue. Alors, elles sont perverses!
Par exemple, certaines masturbations à haute fréquence
ne signent pas une compulsion anxieuse, mais s'avèrent
plutôt des conduites addictives, centrées sur le culte
de
l'organe génital.
Dans le film Kids ( L. Clarck, 1995 ), le " besoin "
du
jeune Telly de " tomber " des jeunes vierges les unes
après les autres est tout à fait pervers.
II - Intense est l'ensemble du plaisir vécu
lors de la préparation
de l'activité, de sa réalisation et via les fantasmes
qui raccompagnent et la suivent. C'est principalement un
plaisir
érotique, à son acmé dans les zones concernées par
l'activité et
diffusant dans tout le corps (9).
S'y adjoignent des joies plus "
spirituelles ", comme celle de défier et de
transgresser, de faire
quelque chose d'exceptionnel ou même parfois celle de
se vautrer dans la boue ( Stoller 1985 ).
Inversement, l'enfant ne vit aucune angoisse profonde
à propos
de son acte ... peut-être, inconstamment, un peu de
peur
raisonnable d'être attrapé par le gendarme. Il ne
ressent non plus
aucune culpabilité. Néanmoins, il peut se sentir
humilié et honteux s'il est pris.
III - L'acte pervers est vécu comme important
par l'enfant, partie
significative de son projet sexuel du moment. Il n'est
même pas
impossible qu'il le positionne au fil du temps comme
son constituant le plus important. Il en découle la mise
en place d'indicateurs comme :
- Une contrainte intérieure plus ou moins forte,
épisodique ou
permanente, à répéter l'acte. Ce sentiment de
contrainte est
proche de l'état de manque vécu par le toxicomane; ça
n'a rien à
voir avec le débat intérieur que vit le névrosé à
l'idée de
commettre un acte que son Sur-Moi interdit. Freud
parle à ce
sujet de « la tyrannie bien organisée d'une pulsion
partielle :
une des tendances partielles de la sexualité a pris de
dessus et
se manifeste soit seule, à l'exclusion des autres,
soit après avoir
subordonné les autres à ses propres intentions ».
- Une collaboration active de l'intelligence pour
asseoir le projet
pervers, et par exemple :
- Peaufiner le scénario; le sophistiquer de plus en
plus autour de son noyau central immuable (10).
;
- tromper les parents et l'entourage ; installer un
secret bien barricadé; mentir sur la volonté de
changer ...
IV - Quand un ou des autres sont impliqués,
ils ne comptent pas
fondamentalement comme êtres humains, mais comme
sources
de jouissance pour l'initiateur. Ces " partenaires "
sont
susceptibles d'avoir tous les âges de la vie.
Eventuellement, l'initiateur fait violence physique
sur
eux ou les trompe pour les attirer dans ses filets. Il
ignore leur
éventuelle souffrance physique ou morale, voire ... il
en jouit encore un peu plus!
Lorsqu'il y a consentement, il n'y a néanmoins pas
vraie
réciprocité. Pas de partage attentionné du plaisir !
Chacun joue
son scénario et recherche son plaisir pour son propre
compte,
mais a besoin de l'apport complémentaire instrumental
de l'autre,
sans considération pour ce que celui-ci vit.
Le tableau I compare les caractéristiques cliniques
des
activités sexuelles normo-développementales et de
celles
générées par un fonctionnement pervers. ( voir doc. II
joint).
Note du webmaster: ce document manque ... je le cherche.
|
§ IV : QUESTIONS DE DIAGNOSTIC ET DE DIAGNOSTIC
DIFFERENTIEL.
|
I - Il reste malaisé de découvrir les faits et de
recueillir des éléments d'information.
L'enfant réalise le plus souvent sa bizarrerie ou sa
perversion en grand secret. Le reste de sa vie, il
donne le change
par un comportement qui n'a rien de spécifique. Une
fois
découvert, il jure que c'était la première fois, qu'un
autre l'a
entraîné et qu'il ne recommencera pas, et la majorité
des parents
a tendance à gérer son malaise vécu en le croyant sur
parole, en
minimisant la signification de ce qui s'est passé et
en déniant la
possibilité de récidive. Donc, les parents n'adoptent
pas facilement la position de vigilance que je
recommanderai par la suite.
Lorsqu'il s'agit de décrire ce qu'il a fait et vécu,
l'enfant
commence donc souvent pas se bloquer ou par mentir.
Cette
attitude s'explique par sa prudence, sa honte du
moment, les
limites réelles de sa capacité à s'introspecter mais
aussi, pour les
plus accros, par l'intuition immédiate qu'il faut
gérer la situation
de manière telle que les adultes en sachent le moins
possible et que la récidive soit possible.
Or un discours authentique du sujet est un élément-clé
pour un diagnostic précis!
II - Nous sommes et demeurons souvent bien incertains!
A. A supposer que nous soyons tombés de façon
indubitable
sur une activité sexuelle bizarre et que l'enfant fasse
même
quelques commentaires plausibles à son sujet, il n'en
reste
pas moins que ces bizarreries se répartissent en trois
catégories, en référence à la dynamique intra-
psychique en
jeu et à leur déroulement dans la durée :
- Comportements souvent transitoires, résultant de
dynamiques variées mais non-perverses
Par exemple et même si cela parait choquant, un petit
animal de compagnie peut être utilisé à des fins de
tendresse et de contact sexuel, en préfiguration de ce
que sera la rencontre de l'autre ...
Telle fille pense progressivement à faire l'amour avec
un garçon, mais, faute d'occasion, emprunte les boxers
d'un grand frère qui servent d'accessoires à ses
masturbations.
- Les comportements relevant d'une organisation
perverse, mais
transitoire : le comportement meurt de sa belle mort
après une
seule fois ou une " mauvaise passe " de brève durée (
2-3 mois ).
Plutôt que d'organisation, il aurait peut-être mieux
valu parler de
" conjoncture bio-psycho-sociale défavorable " où des
éléments
intra-psychiques et relationnels se sont renforcés les
uns les
autres pour aboutir à des résultats momentanément
pervers.
- Les comportements répétitif et durables relevant
d'une organisation perverse qui se perfectionne, se
ridigifie et se chronicise.
B. Ce n'est pas à partir de leur forme externe
que l'on
différencie les bizarreries sexuelles " simples " de
celles qui sont perverses. C'est surtout :
- En référence à l'absence ou à la présence des
autres critères cliniques qui ont été évoqués.
On sera notamment attentifs à la stratégie avec
laquelle
l'acte était préparé et construit, qui peut évoquer ou
non
la recherche intelligente d'un plaisir raffiné; et il
y a
aussi la récidive et la persistance, malgré promesse
faite
par l'enfant de ne plus recommencer dans le cadre d'un
dialogue serein; l'ancienneté de l'installation;
l'intelligence avec laquelle il trompe la vigilance
des
adultes pour y revenir.
- En référence à une écoute soigneuse et sans a
priori de l'enfant
et de sa famille, qui permet parfois d'avancer des
hypothèses
plus précises sur les mécanismes à l'oeuvre.
- Complémentairement, l'apparition de formes plus
mûres
d'activités et de relations sexuelles, peut prudemment
rassurer.
|
§ V : ÉDUQUER ET SOIGNER S'IL LE FAUT.
|
Voici cinq catégories d'attitudes susceptibles de
favoriser la
maturation sexuelle de cet enfant préoccupant. Elles
concernent les
parents (P), d'autres membres adultes de la
communauté, en
position informelle d'éducation ou d'enseignement
(A), ainsi que
les psy dans leur fonction de diagnostic (D) ou de
psychothérapie (T).
Elles concernent ces personnes en ordre principal
(+++), au même
titre d'autres (++) ou accessoirement, en surcroît
d'autres fonctions plus centrales (+).
I. Observer le comportement de l'enfant, avec
vigilance et
discrétion, sans dramatisation, sans paranoïa, mais
également
sans ingénuité ni effritement (P+++ ; A+ ; D et T ++)
(11).
.
II. Faire retour sur soi en tant qu'adulte ;
chercher à comprendre le
sens de la sexualité pour soi et la nature de certains
messages
que l'on envoie à l'enfant; essayer de les modifier au
besoin
(P+++, avec l'aide de T; D et T++, lors de
supervisions ). Il
faut vérifier, entre autres, si l'on n'a pas véhiculé
une image
trop angoissante de la rencontre sexuée, si l'on ne
pousse pas
l'enfant au défi des lois ou si l'on n'est pas trop
ambivalent
dans la régulation de ses comportements sexuels.
III. Dialoguer avec l'enfant, à propos de son
comportement
problématique et de la sexualité en général; dialoguer
aussi à
propos de lui, de ses richesses, questions et
problèmes (P+++ ;
A+ ; D+++ ; s'il s'ensuit une psychothérapie, T+++ ).
A. Encourager la parole de l'enfant et commencer
par accueillir
sans critiques ce qu'il dira éventuellement (12)
. On n'y arrive
pas sans art de l'apprivoisement et rarement en une
fois ... mais
on n'a pas le choix et l'on doit donc viser à ce qu'il
parle de :
- son activité sexuelle problématique : Peut-il la
raconter
brièvement? Comment l'idée lui en est-elle venue (
rôle éventuel
d'autres, d'Internet, etc. )? L'a-t-il déjà fait
auparavant? Si un ou
des autres y étai(en)t impliqué(s), quelles
interactions y a-t-il eu
avec lui ( eux )? Qu'y trouve-t-il de bon pour lui ?
Qu'en pense-t-il ? Etc.
- d'autres dimensions éventuelles de sa vie
sexuelle, à faire
préciser dans le même état d'esprit;
- d'autres dimensions de sa personne, ses
richesses, problèmes,
joies, soucis, intérêts, etc ...
B. Lui donner du répondant; témoigner verbalement,
donner des
informations, nous aussi, à propos de la sexualité; en
général, la
nôtre et la sienne. Parler du sens que nous y voyons,
de la place du
plaisir, de celle de l'autre, du territoire qu'elle
est susceptible
d'occuper dans toutes les activités de la vie, etc.
Sur ces terres parfois bien torturées des vécus
sexuels de l'enfant et
de l'adolescent l'engagement verbal du thérapeute, à
la fois précis,
sincère et délicat n'est ni facile ni impossible ...
il aura d'autant plus
de répondant qu'il s'y montre porteur d'idées
personnelles, ni «
coincé » ni agent d'un prosélytisme ni d'un voyeurisme
troubles, et
capable de porter des confidences entre son jeune
client et lui, sans
tout de suite avoir mal au ventre parce que les
parents ou le proc. ne sont pas informés!
Alors, souvent l'enfant ou l'ado commencera par des
coups de
sonde et finira par partager ses vraies préoccupations
sexuelles, qui le rongent parfois intensément ...
Et sans le brusquer, on connaîtra alors la joie de le
faire réfléchir et
de l'amener à décider par lui-même de formes bien
sociables de sa vie sexuelle.
En parlant passablement beaucoup de sexe avec
moi, Julien ( 17 ans ) a fini par se convaincre de ne
plus
agrémenter ses masturbations grâce à des plaisirs «
électriques-basse tension » inspirés par des dizaines
de sites
web pervers ... un jour, entre deux entretiens, j'ai
la joie de
recevoir l'e-mail suivant : « Savez-vous que j'ai
failli
craquer et reprendre mes exp. électro ? Après une
journée
chiante à la boîte ( NB. son école ) j'avais besoin de
sensations fortes ( il explique les déboires et l'ennui
de sa journée ) ... et j'ai eu envie d'un petit montage
hard ... que
je me suis interdit, donc j'ai été me défouler en
soulevant de la fonte ... j'ai été à la muscul ! »
Quelle joie pour un thérapeute, ce mail! Julien
s'interdit tout
seul de s'auto-dégrader; il vise à cultiver
positivement son
corps plutôt que de mettre ses spermatogonies en péril
… et
il a trouvé tout seul l'idée de s'épuiser dans la
musculation là
où certains manuels de sexologie béhavioristes se
limitent à
proposer une masturbation à toute allure et sans
fantasmes pour oublier une envie perverse ...
C. S'efforcer de convenir avec l'enfant d'engagements
concrets à
propos de ses pratiques sexuelles à venir ( et
parfois, d'autres dimensions de sa vie ).
D. Si l'on constate une souffrance sexuelle ou une
souffrance
morale plus générale, on peut lui proposer de
continuer ces
entretiens par une psychothérapie : à l'intérieur de
celle-ci, on
veillera à questionner de temps en temps son évolution
sexuelle,
sans pourtant le réduire à sa sexualité et donc en
s'intéressant à lui en général.
S'il n'y a pas souffrance ou que l'enfant ne souhaite
pas de
psychothérapie, on lui demandera de se présenter à des
entretiens
d'évaluation espacés ( par exemple tous les deux mois
), un certain temps ( par exemple deux ans ).
IV - Interdire clairement et sereinement toute
récidive de la
pratique sexuelle préoccupante.
C'est essentiellement l'affaire des parents ( P+++ et
A+
) si la pratique ne portait que sur une transgression
des normes
socio-familiales ou de prescrits culturels : " Chez
nous, on ne
réalise pas sa sexualité de cette manière-là; si tu
veux faire du sexe, tu peux ...".
Si, en plus, il y a eu transgression des Lois
Naturelles (
par exemple, violence sur autrui; entraînement d'un
tout petit ),
l'interdiction doit émaner de tous, et se formuler de
façon plus
radicale (" Un être humain ne fait pas ce que tu as
fait là "); elle
gagne même à s'accompagner d'une exigence de
réparation
concrète ou d'autres sanctions si elle s'est
accompagnée de la destruction morale d'autrui.
V - (P+++ ; A++) Il reste à veiller à ce que :
- la présence concrète et spirituelle des adultes soit
plus " forte " dans la vie de l'enfant;
- l'attractivité de son quotidien soit bien réelle :
Présence de sources
variées de plaisir et de possibilités de réalisation
de soi qui
intéressent l'enfant ; soutien de leur réalisation.
je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
(1). J.-Y. HAYEZ, pédopsychiatre, docteur en
psychologie,
premier chef de l'unité de pédopsychiatrie et
coordonnateur de
l'équipe SOS Enfants-Famille, Cliniques universitaires
Saint-
Luc,10 avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles - E-mail
: jyhayez@uclouvain.be
(2). Préoccupantes en référence à l'évaluation
faite non par une
personne isolée, mais par la majorité des adultes
sereins qui
auraient à les connaître. Alors, elles seraient soit
simplement
pathologiques, soit pathologiques et mauvaises
lorsqu'elles violent les Lois naturelles.
(3). Vous connaissez, n'est-ce pas, ce soda
d'importation à la
couleur noirâtre, vendu dans des petites bouteilles
qui ont la forme stylisée d'un corps féminin?
(4). Eh oui, ces enfants soit-disant mûrs, qu'on
laisse trop seuls
parce que papa et maman ne sont pas disponibles, qui
ne
peuvent pas se permettre de protester et qui se vivent
vaguement
désinvestis ... ils peuvent vivre pas mal d'amertume
secrète et de
désir de se venger! Et les voici qui occupent salement
leur
mercredi après-midi, entre se faire lécher par le
chien de la
maison, tripoter la petite soeur dont ils ont la garde
ou
collectionner les " pics les plus crades " ( = les
images
pornographiques les plus dégradantes ) qu'ils trouvent
à la pelle sur les sex-shops du web.
(5). par exemple : cyberdépendanoe, tabagisme,
substance abuse, etc ...
(6). Un des nombreux termes populaires qui désigne
l'érection.
(7). Apparemment, les parents de Thibaut sont sans
histoires et à
mille lieux de se douter des préoccupations sexuelles
de leur
fils; on ne peut néanmoins pas ne pas s'interroger sur
le choix de
sa mère de s'occuper d'A.I.! Quelque chose, en elle,
incite-t-il
subtilement la composante sadique existant chez son
fils (
mécanisme C )? Par ailleurs, Thibaut est très attaché
à sa mère;
en jouant le rôle des prisonniers chéris par celle-ci,
a-t-il voulu,
inconsciemment, rivaliser avec eux et capter son
regard
admiratif? Va savoir! Mais si c'est le cas, on est
bien dans le
cadre du mécanisme A - ici la réalisation d'un désir
oedipien -
qui provoque un plaisir énorme et qu'il cherche à
reproduire.
(8). Référence à ses " délires " sadiques.
(9). Les zones traditionnellement érogènes sont donc
souvent
engagées, mais des plaisirs corporels plus diffus
peuvent exister,
comme cet étrange plaisir masochique, possible mais
rare chez
l'enfant. Quand on y est confronté, on a l'impression
qu'il existe deux variantes du masochisme :
- chez certains, c'est une recherche active et
précise d'un dosage
optimal plaisir-douleur dans l'activité sexuelle : à
13 ans, tel
préado a trouvé sur Google comment s'envoyer de
l'électricité
basse tension dans le sexe et y goûter un plaisir "
raffiné " ;
- chez d'autres, le masochisme vient s'ajouter à ce
qui était
d'abord souffrance morale ou physique dans la
relation; l'enfant,
ici, provoque ses bourreaux pour qu'ils le laissent à
nouveau souffrir-jouir.
(10). N'est-ce pas parce qu'il existe une sorte
d'accoutumance?
(11). Ceci pose de délicates questions à propos de la
confidentialité; décisions à prendre au cas par cas ...
(12). C'est le moment de se souvenir de la vénérable
distinction
faite par K. Rogers entre l'acceptation et l'approbation.
je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
BOKANOWSKI T.,
Les déviations sexuelles et la question des
perversions sexuelles,
1413-1436,
in Lebovici S., Diatkine R., Soulé M.,
Traité de
psychiatrie de
l'enfant et de l'adolescent, 2e éd., Paris, PUF, 1995.
CAVANAGH JONHSON T.,
Understanding your child's sexual behaviour, Dakland,
New
Harbinger public., 1999.
CHILAND C.,
Le sexe mène le monde, Paris, Calmann-Levy, 1999.
HAYEZ J.-Y.,
Sexualité des enfants en âge d'école primaire,
Perspectives
psychiatriques, 1999,
38-4, 289-299.
HAYEZ J.-Y., ( sous presse )
Les 6-13 ans, leur vie sexuelle et leurs parents,
Paris, Odile Jacob
( fin 2003 - début 2004 ).
LAZARTIGUES A.,
La famille contemporaine " fait-elle " de nouveaux
enfants?
Neuropsychiatr. Enfance Adolesc. , 2001,
49, 264-270.
STOLLER R.,
L'imagination érotique telle qu'on l'observe, Paris,
PUF, 1985.
je serais très
heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Résumé en français.
Résumé
Dans cet essai, l'auteur fait le point sur les perversions
sexuelles chez l'enfant. Les comportements sexuels
bizarres,
isolés ou répétés, qu'il arrive à celui-ci de poser,
méritent d'être
pris en considération avec prudence et sans
a priori.
Certains de
ceux-ci ont une signification banale et s'avèrent
transitoires. Pour
d'autres, on peut faire l'hypothèse d'une organisation
perverse en
voie d'installation.
L'auteur en rappelle quelques grands mécanismes
socio-
psychopathologiques, les signes cliniques spécifiques
et comment
les différencier d'une sexualité normo-
développementale.
En mettant en suspens l'établissement d'un diagnostic
de certitude,
il suggère enfin comment éduquer et parfois soigner
ces enfants à
la sexualité ( momentanément ) bizarre.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en anglais : Summary.
The author goes through the field of
children's sexual
perversions. Children's bizarre sexual acts, either
single or
repetitive, ought to be considerate cautiously and
without
a priori. Some are common, healthy and transient: they
constitute
signs of a normal sexual maturation. others express
the
progressive installation of a perverse socio- and
psychodynamic
organization.
The author aims to describe what types of mechanisms
lead to
sexual perversion, which clinical signs are specific
and how to
differentiate normality and pathology. He finally
suggests how to
bring up and help children with bizarre sexual
activities.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
Résumé en espagnol : Resumen.
N.B.
(
N.B.)
Actos sexuales extranos, actos perversos aislados y perversiones
sexuales en el niño.
En este articulo, el autor discute lo de las
perversiones sexuales en el niño. Los
comportamientos sexuales extranos,
aislados y aun mas repetitidos, que unos
ninos generan, merecen tenerse en cuenta
con prudencia y sin a priori. Algunos de
éstos tienen un significado banal y
resultan transitorios. Para otros, se puede
hacer la hipótesis de una organización
perversa en curso de instalación.
El autor esbosa algunos mecanismos
socio - psicopatológicos que explican este
tipo de sexualidad, las señales clínicas
específicas y cómo diferenciarlos de una
sexualidad de desarrollo normal.
Al poner en suspenso el establecimiento
de un diagnóstico de certeza, sugiere
finalmente cómo educar , curar
( eventualmente ) .y ocupar a veces estos
niños cuyos la sexualidad apparentemente
choquea.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.
|
Mots clés - Keywords - Palabras clave.
|
MOTS CLES :
Perversion sexuelle, bizarreries sexuelles, comportement pervers.
KEYWORDS :
Sexual perversion - bizarre sexual activities
PALABRAS CLAVE :
Perversión sexual, sexualidad extrana,
comportamiento perverso.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir.

Un échange de courriel avec Mathieu, qui présente
une perversion pénible.
Création le 31 octobre 2004.
Dernière mise à jour
le dimanche 11 avril 2010.
Issu d'un document en traitement de texte remis par le
professeur Jean-Yves Hayez puis d'un tiré à part
reçu le 07.12.2004
ds.ds
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Bravo de m'avoir trouvé
Félicitations
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480
mais est encore correcte avec les écrans
plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit
n'est constitué que
d'informations techniques automatiques dont les textes sont
déjà repris plus haut.
... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé
pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec
le texte du professeur Jean-Yves Hayez.
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Ce site a été composé par un bénévole sans
aucune rémunération sinon l'estime et l'amitié
du professeur Hayez.
C'est dans un mail que le professeur Hayez lui adressait
qu'il l'a traité de fourmi laborieuse.
L'hébergement du site est situé sur lycos depuis
le début en 2001 et nous les remercions ici d'avoir
pratiqué cette action bénévolement également avec
beaucoup de professionnalisme.
Malheureusement le site gratuit chez Multimania-Lycos a
été supprimé par Lycos
le 15 octobre 2006 pour une raison
non expliquée. Nous le regrettons vivement
et ceci altère
fortement ce que nous disions au paragraphe précédent.
... L'empreinte digitale dans le coin gauche de l'en-tête
appartient au pouce droit du professeur Jean-Yves Hayez ... a
été retirée par souci de simplicité.
Vérification d'accessibilité
Le site est bien visible avec Internet Explorer 3.0 et plus et
Netscape ( quelques instructions ignorées )
Vérification faite avec windows 3.0/95/98/XP
La présentation est prévue pour écran 640x480 mais est
encore correcte avec les écrans plus grands 1600x1200 ou autres.
Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008,
Jean-Yves Hayez
|
je serais très heureux de dialoguer avec vous à ce propos :
jyhayez@uclouvain.be
Plan.
ici
Résumé - Abstract - Resumen.
ici
Mots clés.
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Bibliographie.
ici
Notes.
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Brut.
ici
Télécharger.
ici
Résumé en français : Résumé.
ici
Résumé en anglais : Summary.
ici
Résumé en espagnol : Resumen.
ici
§ I : LE CADRE DE SEXUALITÉ DANS LEQUEL
S'INSCRIT UN FONCTIONNEMENT PERVERS.
§ II : MÉCANISMES DE MISE EN PLACE.
§ III : COMPORTEMENTS INDICATIFS DE L'ACTIVITE
PERVERSE.
§ IV : QUESTIONS DE DIAGNOSTIC ET DE DIAGNOSTIC
DIFFERENTIEL.
§ V : ÉDUQUER ET SOIGNER S'IL LE FAUT.
Bibliographie.
Résumé - Abstract.
Mots clés - Keywords.
Notes.
Cochez ici pour voir le texte original et intégral
immédiatement sur votre écran.
Bizarreries sexuelles, actes pervers isolés
et
perversions sexuelles chez l'enfant
Une version brute du même texte est disponible
ici
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
- Notes automatiques. -
.
.
Note N.B.
(N.B.). Ce résumé approuvé par le
professeur Jean-Yves Hayez a été ajouté
au texte le 14.07.2005
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 1.
(1). J.-Y. HAYEZ, pédopsychiatre, docteur en
psychologie,
responsable de l'unité de pédopsychiatrie et
coordonnateur de
t'équipe SOS Enfants-Famille, Cliniques universitaires
Saint-
Luc,10 avenue Hippocrate, B-1200 Bruxelles - E-mail
: jyhayez@uclouvain.be
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 2.
(2). Préoccupantes en référence à l'évaluation
faite non par une
personne isolée, mais par la majorité des adultes
sereins qui
auraient à les connaître. Alors, elles seraient soit
simplement
pathologiques, soit pathologiques et mauvaises
lorsqu'elles violent les Lois naturelles.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 3.
(3). Vous connaissez, n'est-ce pas, ce soda
d'importation à la
couleur noirâtre, vendu dans des petites bouteilles
qui ont la forme stylisée d'un corps féminin?
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 4.
(4). Eh oui, ces enfants soit-disant mûrs, qu'on
laisse trop seuls
parce que papa et maman ne sont pas disponibles, qui
ne
peuvent pas se permettre de protester et qui se vivent
vaguement
désinvestis ... ils peuvent vivre pas mal d'amertume
secrète et de
désir de se venger! Et les voici qui occupent salement
leur
mercredi après-midi, entre se faire lécher par le
chien de la
maison, tripoter la petite soeur dont ils ont la garde
ou
collectionner les " pics les plus crades " ( = les
images
pornographiques les plus dégradantes ) qu'ils trouvent
à la pelle sur les sex-shops du web.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 5.
(5). par exemple : cyberdépendanoe, tabagisme,
substance abuse, etc ...
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 6.
(6). Un des nombreux termes populaires qui désigne
l'érection.
Pour retourner à l'endroit
dont je viens de partir
.
.
Note 7.
(7). Apparemment, les parents de Thibaut sont sans
histoires et à
mille lieux de se douter des préoccupations sexuelles
de leur
fils; on ne peut néanmoins pas ne pas s'interroger sur
le choix de
sa mère de s'occuper d'A.I.! Quelque chose, en elle,
incite-t-il
subtilement la composante sadique existant chez son
fils (
mécanisme C )? Par ailleurs, Thibaut est très attaché
à sa mère;
en jouant le rôle des prisonniers chéris par celle-ci,
a-t-il voulu,
inconsciemment, rivaliser avec eux et capter son
regard
admiratif? Va savoir! Mais si c'est le cas, on est
bien dans le
cadre du mécanisme A - ici la réalisation d'un désir
oedipien -
qui provoque un plaisir énorme et qu'il cherche à
reproduire.
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Note 8.
(8). Référence à ses " délires " sadiques.
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Note 9.
(9). Les zones traditionnellement érogènes sont donc
souvent
engagées, mais des plaisirs corporels plus diffus
peuvent exister,
comme cet étrange plaisir masochique, possible mais
rare chez
l'enfant. Quand on y est confronté, on a l'impression
qu'il existe deux variantes du masochisme :
- chez certains, c'est une recherche active et
précise d'un dosage
optimal plaisir-douleur dans l'activité sexuelle : à
13 ans, tel
préado a trouvé sur Google comment s'envoyer de
l'électricité
basse tension dans le sexe et y goûter un plaisir "
raffiné " ;
- chez d'autres, le masochisme vient s'ajouter à ce
qui était
d'abord souffrance morale ou physique dans la
relation; l'enfant,
ici, provoque ses bourreaux pour qu'ils le laissent à
nouveau souffrir-jouir.
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Note 10.
(10). N'est-ce pas parce qu'il existe une sorte
d'accoutumance?
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Note 11.
(11). Ceci pose de délicates questions à propos de la
confidentialité; décisions à prendre au cas par cas ...
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Note 12.
(12). C'est le moment de se souvenir de la vénérable
distinction
faite par K. Rogers entre l'acceptation et l'approbation.
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- Bibliographie automatique. -
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Bibliographie numéro 1.
1. BOKANOWSKI T.,
Les déviations sexuelles et la question des
perversions sexuelles,
1413-1436,
in Lebovici S., Diatkine R., Soulé M., Traité de
psychiatrie de
l'enfant et de l'adolescent, 2e éd., Paris, PUF, 1995.
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Bibliographie numéro 2.
2. CAVANAGH JONHSON T.,
Understanding your child's sexual behaviour,
Dakland, New Harbinger public., 1999.
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Bibliographie numéro 3.
3. CHILAND C.,
Le sexe mène le monde,
Paris, Calmann-Levy, 1999.
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.
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Bibliographie numéro 4.
4. HAYEZ J.-Y.,
Sexualité des enfants en âge d'école primaire,
Perspectives
psychiatriques, 1999, 38-4, 289-299.
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Bibliographie numéro 5.
5. HAYEZ J.-Y., ( sous presse )
Les 6-13 ans, leur vie sexuelle et leurs parents,
Paris, Odile Jacob ( fin 2003 - début 2004 ).
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.
Bibliographie numéro 6.
6. LAZARTIGUES A.,
La famille contemporaine " fait-elle " de nouveaux enfants?
Neuropsychiatr. Enfance Adolesc. , 2001, 49, 264-270.
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Bibliographie numéro 7.
7. STOLLER R.,
L'imagination érotique telle qu'on l'observe,
Paris, PUF, 1985.
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|
Bizarreries sexuelles, actes pervers isolés
et
perversions sexuelles chez l'enfant
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Vous avez la possibilité de voir le texte brut : ici
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Bizarreries sexuelles, actes pervers isolés
et
perversions sexuelles chez l'enfant
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Jean-Yves Hayez, vous avez les choix suivants :
Format word 9.0 pour imprimante couleur ( 04.10.2005 ).
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