| Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez Jean-Yves Hayez |
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" La vraie trahison est de suivre le monde comme il va
et d'employer l'esprit à le justifier."
Jean Guéhenno.
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- le client ne vient pas essentiellement pour se
soigner, lui, et pourtant la solution du problème qu'il
amène passe souvent par une maturation partielle
de sa manière d'être. L'on peut donc commencer par
accroître sa motivation à se centrer sur lui, encore
que l'on arrive rarement à une intensité comparable
à l'engagement dans une thérapie personnelle;
- le thérapeute prétend s'occuper de deux personnes
au moins : le parent et l'enfant, qui est absent. D'où des
ruptures provoquées dans le fil spontané du discours
du client : il faut toujours penser aux effets sur l'autre
de ce qu'il dit et de ce qu'il ressent. L'enfant étant
absent, et le parent et le thérapeute se chargent de
le représenter, ce qui ne va pas sans distorsions :
l'image qu'on en donne est toujours quelque peu
projective et ce qu'on lui transmet est souvent
tronqué. La solution naturelle de cette difficulté
est-elle la thérapie familiale? Oui, si les participants
la supportent : elle constitue un remaniement global
des interactions familiales; chacun y est invité à
déposer ses masques, ce qui, dans notre culture,
n'est pas si facilement accepté entre deux
générations;
- le thérapeute représente la réalité extérieure en
même temps qu'il écoute l'expérience intérieure du
client : il représente les partenaires absents, donne
des informations, « des éléments de réalité », et
invite le client à s'adapter, dès la séance, au
morceau de réalité qu'il incarne. Après quoi, il
revient au monde intérieur du client et évalue les
effets sur lui de ses interventions « externes » :
les éléments extérieurs ont-ils été intégrés ou
rejetés? L'ont-ils blessé? Les a-t-il acceptés
facilement? Quelles défenses ont-ils induites?
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... D. Centration sur un parent ...
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| 1. Définition |
| 2. Aspects de la centration |
ILL.Est-il préférable, par cette libération affective, de permettre au client d'exprimer toute sa dépression et son impuissance, dans le cadre d'un transfert de plus en plus régressif, ou vaut-il mieux renforcer ses investissements narcissiques et son Moi : lui donner des tâches, en soutenir l'exécution, encourager ce qu'il réussit? Le premier procédé est plus long, mais aboutit à des reconstructions plus solides. Il passe souvent par des décompensations provisoires qui sont de toutes façons dommageables pour l'enfant. Dommages qui sont parfois durables et dont il faut tenir compte. Par exemple, dans les cas de phobies scolaires en voie d'installation, l'expérience semble montrer que l'on a de meilleurs résultats en aidant les parents à être fermes, plutôt qu'en leur permettant de trop parler de leurs angoisses personnelles.
Je dédramatise souvent des fantasmes qui déterminent des interventions pédagogiques maladroites. « Que pourrait-il se passer si vous le quittiez pour aller au cinéma? Imaginons que vous n'intervenez pas, quel genre de choses incroyables, tristes, dramatiques ... peut-il se produire? Pensez-vous parfois à ce dont nous rêvons maintenant? ». Les parents finissent par dire qu'ils sont anxieux, tourmentés.
Je parle alors de leur « caractère » anxieux en dépassant le cadre étroit de la relation à l'enfant pour en explorer un peu les sources, les répercussions générales et la manière de l'aménager.
- ( Valérie ) A la suggestion : « N'est-ce pas très lourd pour vous? ( les frasques de Valérie ) », la mère répond : « Il faut bien que je la supporte, elle n'est pas comme les autres ». Et la thérapeute répond : « Quand même, ça doit être agaçant quand elle se balance à longueur de journée, ou qu'elle crie pour des riens ». Cependant, c'est là une intervention de force, un combat de vitesse entre la mère et la thérapeute pour que soit reconnu un rejet, via la reconnaissance que ce rejet est « normal ». Une autre piste intéressante eût été d'analyser la phrase « il faut bien que je la supporte ». D'où lui vient cet ordre interne qu'il faille faire abstraction de soi? Par quels fantômes lui est-il dicté?
A-t-elle parfois forcé ses parents à la supporter? ... Approche qui offre encore l'avantage, au lieu que seul l'affect soit mis à jour, de proposer des représentations dont il est possible qu'elles lui soient liées.
* Parler de sa vie, comme il l'envisage sans l'enfant : quels sont
ses loisirs, les investissements extérieurs qui lui plaisent? Il
n'est pas toujours parent et il a le droit - même le devoir -
d'avoir sa vie à lui. Il ne le fait pas si sa culpabilité ou ses
carences affectives l'en empêchent et le forcent à une
disponibilité excessive.ILL.
( Valérie ) La thérapeute rappelle qu'en guidance, chacun peut aussi parier de ce qui lui plaît. La maman expose alors son envie d'avoir un métier, de gagner de l'argent et de ne plus dépendre de son mari pour financer ses achats ... Elle énumère quelques projets réalistes d'emploi, tout en les annulant à demi « C'est difficile de trouver un emploi partiel, de travailler quand on a des enfants, etc ... ». A ce premier stade, la thérapeute préfère l'encourager chaleureusement contre ses propres résistances qu'explorer sa culpabilité.
* Se focaliser sur ce que le client réussit déjà :
* Faire rêver le client à tout ce qu'il aimerait faire, ou à ce qu'il
voudrait être :ILL.Face à l'évocation par le parent de son passé, des relations qu'il avait nouées avec ses propres parents, de ses rêves d'enfant, l'on se situe et l'on oscille habituellement entre deux extrêmes : écouter passivement, sans écho rendu, voire avec une indifférence manifeste, ce que les parents amènent spontanément; ou bien provoquer activement le retour au passé, notamment en posant quelques questions soit purement anamnestiques, soit à la recherche d'une connexion entre ce que fait aujourd'hui le parent et ce qu'il a vécu dans son enfance : « D'où vous vient cette envie de toujours donner à votre enfant des preuves de votre affection? On vous laissait seule quand vous étiez petite? Comment faisait votre papa ou votre maman à ce sujet? ... ».
A partir de remarques désabusées d'une mère : « Mon mari ne s'intéresse pas à moi, il ne regarde que X ... ( l'enfant ) », et à partir de la perception et du reflet de ses tentatives désespérées d'aider beaucoup l'enfant, le thérapeute finit par lui poser la question de sa valeur : « J'ai l'impression que vous ne vous attribuez pas souvent beaucoup de valeur, que vous ne croyez pas tellement que vous pouvez être une maman efficace », et il accompagne sa proposition avec les questions « Comment cela s'est-il passé avant? Comment a-t-on fait attention à vous? Où vous êtes-vous sentie négligée? Où avez-vous perdu la foi en vous? ».
ILL. :D'aucuns se servent de l'évocation du passé à des fins de restauration narcissique, ou pour redonner courage aux clients : ils les font parler de bons moments vécus en famille.
Un père de famille consacre la majeure partie de ses loisirs aux devoirs scolaires de ses enfants, au point que tous se plaignent. Le thérapeute explore progressivement : « Comment ça se passait chez vous, les devoirs? »; le père répond par bribes : « Rien n'était préparé; mon père ne s'en mêlait jamais; pendant des mois, j'ai eu un bulletin non signé ». Et le thérapeute l'aide à faire le joint avec la situation présente : « Et maintenant, vous devez tout inventer pour vos enfants : vous ne savez pas ce que sont les préoccupations scolaires d'un père. Vous voudriez leur donner un intérêt sans mesure, vous ne savez pas où vous arrêter ».
ILL. :Ici, il faut rechercher quelles sont les répercussions actuelles de ces vieux fantasmes chargés d'affects négatifs.
D'aucuns facilitent la catharsis déculpabilisante en verbalisant A L'AVANCE des sentiments non-dits : « Ça n'était pas drôle, ce gosse qui pleurait tout le temps; il vous mettait à bout, c'était déprimant ».
| 3. Etapes du processus de centration. |
ILL. :
Après analyse, on leur demandera, par exemple, de changer quelque chose à l'organisation de leurs loisirs, de sortir une fois par semaine en couple; l'on déconditionnera les angoisses qui pèsent trop et dont l'analyse prendrait trop de temps. On peut même demander la collaboration de l'enfant : « Maman a trop peur; elle le sait et voudrait en être quitte, tu vas l'y aider ... Agite ton mouchoir quand tu trouves qu'elle a trop peur pour toi ».
| 4. Avantages, risques et inconvénients de la centration. |
* La centration sur les parents diminue, sans les attaquer de
front, les projections qu'ils font : « Il a peur de tout. S'il se
masturbe, c'est mauvais pour son avenir. Il ne sait pas
s'entendre avec l'autorité », etc ...ILL. :
L'exemple concerne une projection dans une acception plus large : il a été important d'écouter, comme gage de ma capacité d'accueil, l'histoire d'hérédité « du côté de la famille du mari » qu'une femme raconte pour expliquer la déficience mentale de son fils. Il a été tout aussi important de sélectionner ensuite dans son anamnèse l'un ou l'autre événement qui la ronge; par exemple, sa reprise précoce de travail après la naissance, à propos de laquelle est née toute la culpabilité que maintenant elle déplace et projette. La manière dont j'ai écouté ceci a entraîné que, sans abandonner cela, elle ne lui attache plus beaucoup d'importance.
* La centration sur le parent lui facilite ... l'identification à son
enfant. En faisant revivre au client les difficultés qu'il a vécues
jadis avec ses propres parents, en faisant s'exprimer les affects
et les idées qu'il s'est fabriquées alors, nous préparons et
facilitons son identification actuelle à son propre enfant. A la
lumière de ce qu'il se remémore, ses yeux s'ouvrent et il
reconnaît les signaux que lui envoie l'enfant, de même nature
que ceux qu'il envoyait jadis. En outre, il trouve des attitudes
adéquates par référence à ce qu'il aurait attendu, lui, quand il
était enfant.
* La simple écoute de ce que vit le client, pour
peu qu'elle soit authentique, constitue un signe
d'amour et une gratification par lesquels peut se
modifier et l'économie des investissements
libidinaux du système parents-enfants et l'objet
des préoccupations parentales; le narcissisme du
client augmente, ce qui diminue la charge affective
sur l'enfant et détourne l'attention de ses
symptômes. Alors les bénéfices secondaires de
l'enfant diminuent, ce qui suffit parfois à amener un
déplacement de symptôme, voire même une
reprise évolutive parce qu'on a cassé une spirale
transactionnelle négative.ILL. :Enfin, un client gratifié devient plus aisément un client gratifiant, capable à son tour d'écouter son enfant et de lui rendre confiance parce qu'il a lui-môme repris confiance.
Le simple fait pour une mère de parler d'elle-même et de s'y tenir a constitué une première cure du lien très étroit qu'elle a noué avec son enfant. Ici, le thérapeute introduit et maintient une coupure symbolique : « Voilà que vous parlez de X ..., nous débordons, on était en train de parler de vous, ce n'est pas la même chose; vous êtes tellement proche de lui que vous vous confondez parfois dans votre langage », et progressivement : « Chez vous aussi, votre maman était très proche de vous? Vous étiez inquiète quand elle vous abandonnait? ... ». Une cure plus complète de ce lien passe par la réintrojection de l'homme, comme père créant la distance et comme mari conquérant son épouse. Elle passe aussi par la découverte d'investissements positifs en dehors de l'enfant : « Que trouvez-vous agréable en dehors de votre enfant? Pour qui comptez-vous? Qu'est-ce qui vous intéresse? ».
* Lester
(3)
fait remarquer que, si nous répondons trop
intensément à la demande personnelle des parents, ils prennent
en partie la place de l'enfant et amorcent un mouvement de
régression. Je n'aime pas m'y engager à la légère! Cela
laisse des blessures de renvoyer APRES COUP les clients
en leur disant qu'ils se sont trompés d'adresse, alors qu'on
les a laissés commencer et qu'on se sent ensuite incapable
de progresser avec leur transfert.
* Même sans régresser, les clients les plus narcissiques
sont enchantés d'être remis au centre de la conversation
et oublient, comme dans la vie, la souffrance de leur
enfant. Je préfère soutenir leur narcissisme en
soulignant - et en suggérant - ce qu'ils sont capables
de faire pour l'enfant.
* Des personnes dépressives, culpabilisées, ou peu désireuses
de modifier l'équilibre de leur fonctionnement s'appuient sur les
articulations avec le passé pour renforcer leurs défenses par le
fatalisme, l'hérédité, le caractère ... « Vous voyez, ça ne sert à
rien d'essayer quelque chose, mes parents étaient déjà comme
ça ». A nous de déjouer leur piège et de signaler qu'un
déterminisme PARTIEL n'est pas un carcan immuable pour
demain.
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... Inutile de continuer à dérouler car ce qui suit n'est constitué que d'informations techniques automatiques dont les textes sont déjà repris plus haut. ... Ce qui suit ne mérite pas d'être imprimé pour les mêmes raisons et n'a rien à voir avec le texte du professeur Jean-Yves Hayez. |

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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008, Jean-Yves Hayez |
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Mes plus vifs remerciements vont à mon webmaster, le docteur
Guy De Saedeleer : sans sa créativité et son
infatigable persévérance, ce site n'existerait pas.
Ce 22 septembre 2008, Jean-Yves Hayez |
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A obtenu le prix Henri Jaspar en 1980
( prix quinquennal de l'Oeuvre Nationale de l'Enfance ) |
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Le livre " La guidance parentale " est épuisé.
Si vous souhaitez recevoir par mail en pièce
attachée pour 8 euros : 1. versez 8 euros au compte 751-2010668-92 de Philippe Vanderbruggen, rue Royale, 25, 1000 Bruxelles avec la communication : rs01 - La guidance parentale 2. Envoyez un mail au webmaster en indiquant votre choix : rs01 - La guidance parentale vous recevrez ce livre à l'adresse mail que vous avez utilisée, dès réception des 8 euros. 3. Pour les pays hors de la Belgique voici les renseignements nécessaires pour verser le 8 euros : IBAN : BE 12 751201066892 BIC : AXA BBE 22 Vanderbruggen Philippe Rue Royale, 25, 1000 Bruxelles |
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